Déclaration de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au débat de Haut Niveau sur le « Renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les Organisations régionales et sous-régionales en vue de renforcer la confiance et le dialogue dans la prévention et la résolution des conflits

Déclaration de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au débat de Haut Niveau sur le « Renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les Organisations régionales et sous-régionales en vue de renforcer la confiance et le dialogue dans la prévention et la résolution des conflits

Mesdames et Messieurs les chefs d’État et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Ministres

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord, de vous adresser mes sincères remerciements à vous-même, ainsi qu’à votre gouvernement, pour l’organisation de cette importante réunion sur le Renforcement de la coopération entre les Nations Unies et les Organisations régionales et sous-régionales, dans le cadre de la prévention et la résolution des conflits.

En effet, la prévention des conflits demeure une responsabilité essentielle du mandat du Conseil de Sécurité, bien que l’histoire nous montre que cet organe est plus concentré sur la gestion des crises immédiates et la résolution des conflits déjà ouverts.

Les nombreuses menaces modernes à la paix et à la sécurité internationales, telles que le terrorisme, les déplacements massifs de populations, le changement climatique, la cybercriminalité et les crises sanitaires – comme la pandémie du COVID 19 actuelle – ne peuvent être résolues par les États individuellement, mais nécessitent une action collective de la communauté internationale. Pour faire face à ces défis de manière efficace, les organisations régionales et sous-régionales et les Nations unies sont appelés à renforcer les mesures de confiance et leur partenariat pour assurer la sécurité collective et le développement des États membres, en favorisant une meilleure coordination intergouvernementale.

La pandémie du  COVID-19 que traverse le monde, qui mine le système de santé mondial et nos efforts communs pour maintenir la paix et la sécurité internationales, est une preuve de la pertinence de la nécessité du multilatéralisme et de la coopération entre, non seulement les Organisations internationales, mais aussi entre celles-ci et les États. La valeur de l’action collective et de la solidarité se sont imposées comme un impératif catégorique pour faire face à cette pandémie et à son impact dévastateur sur les secteurs socio-économiques.

Monsieur le Président,

Au regard de la complexité et du caractère multidimensionnel de ces défis, ainsi que leurs manifestations multiformes, selon les régions ; ces nouveaux défis commandent aussi, qu’à travers cette coopération, que la primauté soit donnée aux acteurs régionaux, car ces derniers disposent de mécanismes de référence adaptés, permettant d’avoir une meilleure compréhension des causes profondes des conflits, ce qui leur permet de faire face aux situations auxquelles ils sont confrontés, à travers la diplomatie préventive.

A cet égard, le rôle de médiation que joue la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest est l’illustration parfaite des avantages des expériences et enseignements tirés, de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales, dans le renforcement des mesures de confiance et la promotion du dialogue dans la résolution des conflits ou autres situations de crises.

S’agissant de l’Afrique de l’Ouest, que ce soit en matière de crise pré ou postélectorale, de conflits multiformes et autres, la CEDEAO a su prouver son habileté à gérer des situations complexes malgré des ressources humaines et financières limitées, et d’élaborer des stratégies différenciées tenant compte des menaces les plus imminentes pour la paix et la sécurité dans chacun des pays de son espace, en étroite collaboration avec le Conseil de Sécurité et le Conseil Paix et Sécurité de l’Union Africaine.  

S’agissant de l’Union Africaine, je voudrais ici reconnaitre les efforts consentis dans la mise en place d’une architecture de paix et de sécurité, propre à l’Union Africaine, conformément à la feuille de route de Lusaka. Sa réalisation donnera, a n’en point douter tout son sens et contenu, au concept des solutions africaines aux problèmes africains, auquel tous ici nous adhérons.

Nous continuons de soutenir qu’il est important de conjuguer nos efforts en vue de redynamiser et de réformer la coopération entre nos deux Organisations, tout comme la réforme du système multilatéral, dans sa globalité, s’avère nécessaire, au regard de multiples bouleversements que le monde a connus, en vue de répondre efficacement aux enjeux et défis sécuritaires du monde en général et de l’Afrique en particulier. 

Bien évidemment, cela ne saurait s’instaurer de manière durable, sans régler la question profonde de la gouvernance de l’Organisation des Nations Unies, à commencer par les reformes que nous appelons de tous nos vœux, conformément à la position africaine commune, appelant à la pleine représentation de l’Afrique, au sein du Conseil de Sécurité, avec au moins deux sièges permanents, et un statut unique pour tous les membres permanents, y compris le droit de veto. 

Monsieur le Président,

Même s’il faut reconnaitre que la coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales s’est accrue et développée au cours de ces dernières années, notamment en Afrique, le constat reste tout de même qu’elle est loin d’avoir atteint son plein potentiel.

Pour cela, je voudrais formuler les observations ci-après, dans la recherche de moyens de renforcer ce partenariat complémentaire entre ces institutions.

  • Il s’agit tout d’abord d’établir un mécanisme de financement pérenne des opérations de paix dirigées par les organisations régionales, dont notamment l’Union Africaine. Nous tenons à cet égard, à remercier tous les contributeurs au Fonds pour la paix de l’Union africaine.
  • Il s’agit ensuite de renforcer la coopération entre ce Conseil et ces organisations, en mettant l’accent sur une harmonisation de leurs agendas, des objectifs à atteindre au moyen des rencontres plus régulières, cela pour instaurer une coordination efficace et permanente ;
  • Il s’agit enfin, de veiller à ce que les pays inscrits dans l’agenda du Conseil de sécurité ou en proie à des conflits, jouent un rôle central dans les discussions et le processus de prise de décision les concernant, au niveau du Conseil. Ceci est d’autant plus nécessaire pour les pays africains dans la mesure où les questions africaines constituent la majorité des sujets traités par cet organe.

C’est la conviction du Niger que le renforcement de la coopération entre les Nations-Unies et les organisations régionales est devenu aujourd’hui une impérieuse nécessité, pour apporter des réponses efficaces et adaptées aux crises et conflits auxquels le monde est confronté.

Je vous remercie.

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