Remarques de l’Ambassadeur Abdou Abarry, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies a la séance d’information du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient, y compris la question palestinienne

Remarques de l’Ambassadeur Abdou Abarry, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies a la séance d’information du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient, y compris la question palestinienne

Monsieur le président,

Le Moyen-Orient, berceau des civilisations millénaires et creuset de trois grandes religions, est depuis quelques décennies le théâtre de conflits aux conséquences indescriptibles.

De la Palestine à la Syrie, en Iraq, en Afghanistan, au Yémen et à la République islamique d’Iran, il y a des pays et des peuples exposés à la violence, à la désolation et au désespoir, même si tout les prédestine à la paix, à l’harmonie et à la prospérité.

Ma délégation a suivi avec l’attention requise par la présente session, aujourd’hui, les exposés que viennent de faire le Secrétaire général, M. Antonio Guterres, M. Nickolay Mladenov, Coordonnateur spécial, et M. Ahmed Abdul Gheit, Secrétaire général de la Ligue arabe, décrivant tous la situation qui prévaut au Moyen-Orient. Je les remercie très sincèrement.

Monsieur le Président,

Un briefing après l’autre, notre Conseil s’est prononcé sur divers aspects du conflit israélo-palestinien.

Depuis 1993, malgré les accords d’Oslo, Israël, puissance occupante, a accéléré plutôt qu’arrêté sa politique de construction de colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés, d’expropriation de terres et de méconnaissance de la demande palestinienne légitime d’un État, demande également appuyée par la communauté internationale.

À cet égard, de nombreux processus et plans de paix ont été adoptés par la communauté internationale afin de trouver une solution durable à ce conflit prolongé. Il est regrettable de dire que les processus de paix n’ont été que des processus, mais sans paix! Pourtant, des critères ont été fixés, notamment par ce Conseil, pour ouvrir la voie au dialogue et à la paix.

L’occupation par la force et la saisie de terres palestiniennes, contraires au droit international, devraient cesser, conformément aux dispositions de la résolution 2334 (2016).

La bande de Gaza, seul territoire épargné, est soumise à un blocus qui en a fait un « lieu de vie » selon les Nations Unies elles-mêmes. L’affirmation par Israël de sa souveraineté sur l’ensemble de Jérusalem est également une violation du droit international.

C’est également un crime de guerre pour une puissance occupante, Israël, d’installer sa propre population civile dans une zone occupée.

Monsieur le président,

On ne peut pas le dire assez souvent, la politique de règlement viole à la fois le principe et l’esprit des accords de paix. Un autre principe qui devrait soutenir la dynamique de paix a été énoncé dans la résolution 1515 (2003), dans laquelle le Conseil de sécurité, avec la communauté internationale, a consacré la solution des deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité , dans le strict respect des frontières de 1967, comme base du règlement de ce conflit.

Vingt-sept ans après la signature du premier accord de paix, les Palestiniens ne sont malheureusement pas plus proches aujourd’hui de l’autodétermination et de la création d’un État indépendant qu’ils ne l’étaient hier.

Par exemple, la jeunesse palestinienne de 27 ans aujourd’hui n’aurait vécu que sous occupation, avec la violence et les privations de toutes sortes qui y sont associées. Elle n’aurait connu que la détention, le recours disproportionné à la force, y compris contre des femmes et des enfants.

Et pourtant, Monsieur le Président, mon pays est convaincu que les Israéliens et les Palestiniens sont des peuples capables de surmonter ces souffrances qui les affligent et qui nous affligent.

Ils l’ont prouvé en mettant en commun leurs efforts face à un ennemi commun, le COVID-19, à Gaza et en Cisjordanie. Israël, dont le génie est connu de tous, doit construire la paix en renonçant à l’annexion de parties de la Cisjordanie occupée. Une telle action, si elle était menée, constituerait une grave violation du droit international et une grave menace pour la paix et la sécurité internationales.

À cet égard, mon pays appuie l’appel du Secrétaire général à toutes les parties prenantes – Israéliens, Palestiniens, États de la région et la communauté internationale dans son ensemble – à prendre des mesures immédiates pour permettre aux parties de prendre du recul et d’entamer le processus de réengagement dans un dialogue qui mettra fin à une action unilatérale, tracer une voie positive et éviter de sombrer dans le chaos « , fin de citation.

Monsieur le Président,

Je voudrais conclure en disant que le moment est venu pour nous de mettre fin à cette illusion d’optique qui a ouvert la voie au triomphe de la paix des plus forts, une paix des vainqueurs.

Il est donc grand temps d’empêcher que la paralysie du Conseil sur la question israélo-palestinienne ne provoque la mort par asphyxie de la solution des deux États, que nous devons à tout prix sauvegarder.

J’espère sincèrement qu’à travers leurs déclarations, M. Riad Al Maliki, Ministre des affaires étrangères de la Palestine, et M. Dany Dannon, Représentant permanent d’Israël, nous guideront sur la voie de la réconciliation et de la paix entre leurs peuples.

Je vous remercie pour votre attention

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *