Intervention de M. Abdou ABARRY Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies Sur la situation au Moyen-Orient y compris la question Palestinienne…

Intervention de M. Abdou ABARRY Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies Sur la situation au Moyen-Orient y compris la question Palestinienne…

Monsieur le Président,

Il y a un mois de cela, le Secrétaire Général des Nations Unies et le coordinateur spécial M. Mladenov tiraient, ici même, la sonnette d’alarme sur le fait que le projet d’annexion par Israël de certaines parties de la Cisjordanie ‘’aurait de graves conséquences, nuirait gravement à la perspective d’une solution à deux États’’ et « détruirait toute perspective de paix » dans la région. Une telle perspective, qu’on était tous en droit de redouter, telle sa réalisation était imminente, aurait certainement mis fin à tous les espoirs.

Et pourtant, que d’efforts ont été réalisés de 1967 à nos jours, par les Nations Unies, en particulier le Conseil de Sécurité, les parties elles-mêmes ainsi que l’ensemble de la communauté internationale, pour paver le chemin de cette paix que nous recherchons depuis près de soixante-dix ans et qui passe nécessairement, par l’abandon par Israël, puissance occupante, de l’annexion des territoires palestiniens, de la destruction des maisons palestiniennes avec leurs lots de violence et de privation de toutes sortes.

Dans les présentations que nous venons de suivre avec une très grande attention, M. Nicholas Mladenov, comme à son habitude, nous a dressé, sans complaisance, le tableau de la situation sur le terrain, assez préoccupante, pour le moins qu’on puisse dire. Je l’en remercie. De même du reste que je remercie M. Daniel Levy et Dr. Khalil Shikaki pour leurs présentations sur la situation au Moyen Orient et le conflit israélo-palestinien.

Monsieur le Président, Si le 1er juillet est passé et que la menace d’annexion n’a pas été mise à exécution, c’est certainement grâce au sursaut dont ont fait preuve les deux parties et au soutien de la communauté internationale, qui a multiplié les initiatives pour éviter qu’un tel acte aux conséquences incalculables ne se produise. Je voudrais ici, saluer le sens de retenue et d’écoute dont ont fait montre les autorités israéliennes suite aux différents appels de la communauté internationale, mais surtout saluer la grande volonté politique manifestée en cette circonstance par le Président Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne en exprimant leur disponibilité à relancer les pourparlers de paix israélo-palestinien, donnant ainsi une chance à la paix.

Nous saluons cette dynamique positive, qui témoigne de ce que, Israéliens et palestiniens, avec le soutien de la communauté internationale, peuvent renouer avec l’esprit, qui en 1993, a permis de signer les Accords d’Oslo et à jeter les bases des premières perspectives de paix. Depuis la fin des cycles des négociations de paix de 2014, c’est en effet la première fois que les palestiniens expriment leur volonté de négocier avec Israël.

C’est pourquoi, nous devons tout faire pour éviter que cette nouvelle flamme de l’espoir ne s’éteigne comme celles qui l’ont précédées.Monsieur le Président, Il est plus que jamais temps, que nous donnions espoir aux peuples du Moyen Orient, si longtemps exposés aux affres de l’instabilité, de la violence et de la guerre. Ces populations, majoritairement jeunes, avec une forte composante de femmes, dont le génie dépasse les frontières de cette région, méritent notre engagement solidaire et notre soutien sans faille.

La grave situation actuelle de la pandémie du COVID-19, nous oblige individuellement comme collectivement à faire preuve d’ingéniosité et d’un plus grand sens de solidarité. C’est cette réalité qui a poussé, il y a quelques mois de cela, le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne à surmonter leurs divergences et à bâtir une coopération afin de répondre efficacement aux conséquences de la pandémie sur leurs peuples respectifs.

Cette pandémie, aux effets dévastateurs, est venue trouver une situation déjà complexe sur le plan sanitaire, avec le manque de matériels et produits médicaux adéquats et une situation économique désastreuse, induite par un blocus sur la bande de Gaza, qui accentue la vulnérabilité des populations palestiniennes.

C’est donc à juste titre que nous saluons ici tous les pays qui ont fait preuve d’une grande générosité en acceptant de contribuer aux financements des programmes d’intervention Covid-19 des Nations Unies, ainsi d’ailleurs que les activités quotidiennes de l’UNRWA sur le terrain.Je dirais, pour conclure, qu’il incombe aujourd’hui au Conseil de Sécurité, au Quartet et à la communauté internationale, de ne ménager aucun effort pour exploiter cette lueur d’espoir, minime soit-elle, en vue de relancer le processus de paix israélo-palestinien, sur la base des idéaux et principes unanimement acceptés, notamment à travers la résolution 1515 (2003) qui consacre la solution à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, dans le strict respect des frontières de 1967, comme base de règlement du conflit. M. Ban Ki-Moon n’avait-il pas dit en son temps que « l’impasse politique actuelle exige un engagement, un sens du compromis, un respect mutuel et un leadership des deux parties.

Elle exige également, d’accepter par des actes, autant que par des mots, la solution de deux Etats, comme la seule voie pour la paix ». Ces mots gardent encore aujourd’hui toute leur pertinence.

Je vous remercie.

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