Intervention de M. Abdou Abarry Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au Débat Public du Conseil de sécurité sur le Opération de Paix et les Droits de l’Homme

Intervention de M. Abdou Abarry Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au Débat Public du Conseil de sécurité sur le Opération de Paix et les Droits de l’Homme

Madame la Présidente,

Nous savons combien votre pays l’Allemagne, attache de l’importance à question de la promotion des droits de l’homme dans les opérations de paix. Nous ne sommes pas donc surpris, que ce thème figure à l’agenda du Conseil sous votre présidence.

Permettez-moi, de me réjouir de la présence Madame Michelle Bachelet, Haut-Commissaire au Droit de l’Homme et de M. David Shearer, Représentant Spécial du Secrétaire Général pour le Soudan du Sud. Je les remercie très sincèrement pour la pertinence et la qualité de leurs exposés, qui ont fait ressortir, toute l’importance de la prise en compte de ce volet, dans l’agenda du Conseil de Sécurité.

La question des Droits de l’homme dans les opérations de paix est importante à plusieurs égards. D’abord, parce qu’elle est indissociable de la paix et de la sécurité, comme l’a rappelé le Secrétaire Général des Nations Unies lors du débat sur cette question, le 17 avril en 2019. Ces Opérations de paix sont aujourd’hui devenues l’un des plus précieux instruments au service de la préservation de la paix et la sécurité internationales.

Elle l’est ensuite, dans le contexte de la crise sanitaire mondiale actuelle, qui affecte la mise en œuvre des mandats des opérations de l’ONU, dans lesquelles la protection des civils, elle-même fondée sur la protection et la promotion des droits de l’homme, est devenue un enjeu important.

L’intérêt accordé aux droits de l’homme dans les opérations de paix est devenu croissant, d’une part, à cause des mutations profondes intervenues ces dernières années, sur les théâtres d’opération, devenus plus dangereux que par le passé et d’autre part, de l’intervention d’acteurs non-étatiques, notamment les groupes armés terroristes sur ces théâtres.

Le Niger se réjouit de l’attention toute particulière que l’Organisation des Nations Unies accorde depuis 2008, à la dimension ‘droits de l’homme’, devenue aujourd’hui, une composante essentielle dans ses opérations de maintien et de consolidation de paix.

Mon pays se félicite des résultats obtenus sous ce chapitre, dans toutes les opérations de l’ONU, spécialement dans le volet de la protection des civils, qui a significativement contribué à sécuriser les populations vulnérables vivant dans les zones de conflit ou post conflits.

Si les Missions devaient atteindre les objectifs qui leurs sont assignés dans leur mandat, elles devraient travailler en synergie avec les acteurs locaux, régionaux et internationaux, dont la connaissance et l’expertise ne peuvent être ignorées.

Dans cette perspective, Le Niger appelle les structures en charge des droits de l’homme aux seins des Missions, à assoir une meilleure coordination avec les structures du pays hôte, ainsi qu’avec celles de la sous-région, pour mieux conduire les investigations sur les cas supposés de violations de droit de l’homme. Il est heureux que la dernière résolution 2531 (2020) portant renouvèlement du mandat de la MINUSMA, ait tenu compte de cet impératif.

Madame la Présidente,

Un exemple que je voudrais citer ici, de la prise en compte de la dimension droit de l’homme est celui du la Force Conjointe du G5-Sahel, expression de la volonté politique des cinq pays pour faire face au fléau de terrorisme auquel ils sont confrontés.

Comme vous le savez, les pays du G-Sahel, dont la Force Conjointe bénéficie du soutien de la MINUSMA, ont souscrit à un cadre de conformité pour les droits de l’homme, qui fait obligation à leurs Forces de Défense et de Sécurité de respecter les droits des populations civiles sur le terrain.

Bien évidemment, dans le contexte de cette guerre asymétrique, les formations déjà existantes doivent être poursuivies et renforcées et une attention particulière doit être accordée au renforcement de la composante police, à travers l’inclusion des femmes dans ses contingents.

A cet égard, il plait à ma délégation d’apprécier la grande coopération qui existe, entre certaines opérations de paix et les Forces de Défense et de Police des pays d’accueil en matière de formation sur les questions liées à la protection des civiles, celles des femmes et des enfants, principales victimes de ces abus, y compris les violences sexuelles pendant les conflits. Le soutien apporté au renforcement du système judiciaire et à la gestion des prisons procède de cette bonne coopération.

Il me plait à ce sujet, d’apprécier le travail accompli en République Démocratique du Congo par la MONUSCO, en coopération avec les FARDC et la Police Nationale Congolaise.

Si la formation des contingents sur les questions de droits de l’homme est importante, toute aussi importante est la communication entre les Nations Unies et les pays contributeurs de troupes, qui doivent mettre à disposition, des contingents formés pour servir dans certaines conditions extrêmes, comme dans la forêt en République Démocratique du Congo et qui ont une capacité de communiquer avec les populations locales.

Madame la Présidente,

La protection des civils, devenu aujourd’hui un impératif catégorique qui fait partie intégrante du mandat des opérations de paix doit y associer, en plus des structures étatiques, les populations elles-mêmes, notamment les femmes et les jeunes, les leaders d’opinions, pour éviter les amalgames qu’on a pu déplorer en République Centrafricaine avec la MINUSCA, dans le cadre de la lutte contre la Pandémie du COVId-19. C’est ensemble que nous pouvons maintenir la paix, et c’est aussi ensemble que nous pouvons bâtir l’édifice de la protection des civils dans les situations de conflit.

Je vous remercie.

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