Intervention de M. Abdou Abarry Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au briefing du Conseil de sécurité sur le Rapport du Secrétaire Général sur la Non- Prolifération Nucléaire

Intervention de M. Abdou Abarry Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au briefing du Conseil de sécurité sur le Rapport du Secrétaire Général sur la Non- Prolifération Nucléaire

Permettez-moi tout d’abord de saluer la tenue de cette séance d’information consacrée à l’examen du neuvième rapport (S/2020/531) du Secrétaire général sur l’application de la résolution 2231 (2015). Sa présence aujourd’hui parmi nous, est la marque de l’intérêt qu’il attache à cette question.

Je voudrais remercier Mme Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, l’Ambassadeur Marc Pecsteen de Buytswerve, Représentant Permanent de la Belgique, en sa qualité de Facilitateur, ainsi que M. Olof Skoog, Représentant de l’Union Européenne, en sa qualité de coordinateur de la commission mixte auprès du Conseil de sécurité, pour leurs exposés.

La présence du Secrétaire d’Etat Américain, M. Michael Pompeo, ainsi que celle de M. Mohammad Javad Zarif, Ministre des Affaires Etrangères de la République Islamique d’Iran nous honore et je leur souhaite la bienvenue.

Monsieur le président,

Je tiens à réaffirmer l’attachement du Niger à l’application intégrale de la résolution 2231 (2015), qui a approuvé en 2015 le Plan d’Action Global Commun (JCPOA) sur le programme nucléaire iranien.

Ma délégation a pris note des conclusions du neuvième rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 2231 (2015) et invite les États Membres ainsi que l’ensemble des parties prenantes à l’Accord à se conformer aux obligations auxquelles elles ont souscrit.  

Il est incontestable que le Plan d’Action constitue, en tant qu’expression de volonté de la communauté internationale portée par le Conseil de Sécurité, un instrument essentiel de la lutte contre la prolifération nucléaire. A cet égard il doit être préservé. C’est pourquoi, nous déplorons, à la fois, le retrait des États-Unis de cet Accord, avec les conséquences qui en ont résulté, ainsi que les mesures prises, en réaction de cela, depuis le 8 Mai 2019, par la République Islamique d’Iran, de revenir sur certains engagements qu’elle a pris en matière de désarmement nucléaire dans le cadre du Plan d’action. 

A cet égard, nous exhortons l’ensemble des parties à l’Accord à s’en tenir à la stricte application de ses dispositions, en termes d’obligations, mais aussi de droits. Comme on a coutume de le dire, les conventions légalement formées, tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Si d’aventure des difficultés survenaient dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de cet Accord, qu’il soit alors fait recours au mécanisme de règlement des différends prévu par le Plan d’Action.

Pour mon pays, le Niger, s’il ne fait aucun doute, que la République Islamique d’Iran, doit respecter ses obligations au titre de l’Accord, en se soumettant notamment aux mesures de contrôle de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), de façon à éliminer tout risque de prolifération, aucun doute ne doit subsister quant à la nécessité pour la communauté internationale de jeter les bases d’une nouvelle relation fondée sur la confiance et le respect mutuels, avec la République Islamique d’Iran.

Aussi, il est urgent, conformément à l’appel lancé par le Secrétaire Général des Nations Unies d’alléger, pour des raisons humanitaires, toutes les mesures économiques unilatérales, qui pourraient empêcher l’Iran de mobiliser les moyens de lutte contre la pandémie du COVID-19.

Monsieur le président,

Si la mise en œuvre du JCPOA doit être poursuivie de bonne foi, il n’est pas exagéré de dire que la situation qui prévaut actuellement dans la région du Golfe Persique doit être dûment prise en compte, car elle porte en elle des germes de suspicion et de méfiance, qui rendent difficile l’instauration d’un climat de confiance entre les Etats. Les perspectives inquiétantes de l’annexion prochaine des territoires palestiniens occupés, ne sont pas, hélas, pour pousser à l’optimisme. Elle pourrait, si rien n’est fait, et c’est le moment pour le faire, ajouter aux difficultés qui nous préoccupent aujourd’hui, en précipitant l’ensemble de la région dans des cycles de violence dont les conséquences imprévisibles pourraient être incalculables pour la paix et la sécurité internationales.

Je vous remercie.

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