Intervention de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations sur la situation au Moyen Orient, y compris la question Palestinienne

Intervention de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations sur la situation au Moyen Orient, y compris la question Palestinienne

Merci monsieur le Président

Je voudrais, tout d’abord, présenter à Monsieur Tor Wennesland, mes vœux de succès et de réussite dans ses nouvelles fonctions qu’il entame à travers cet exposé détaillé sur la situation qui prévaut au Moyen-Orient, qu’il vient de nous faire.

Je voudrais également l’assurer du plein soutien de mon pays dans l’accomplissement de sa mission en faveur d’un règlement juste et équitable du conflit Israélo-palestinien.

A l’endroit de son prédécesseur, M. Nickolay Mladenov, je tiens à exprimer toute notre reconnaissance pour le dynamisme et l’efficacité dont il a fait montre dans l’accomplissement de sa mission.

Je me réjouis de la présence parmi nous du Secrétaire-Général de la Ligue des Etats Arabes monsieur Aboul Gheit, dont les perspectives enrichiront à n’en pas douter nos débats.

La présence de plusieurs Ministres des Affaires Etrangères est la preuve éloquente de l’importance que revêt la question sous examen pour les Etats qu’ils représentent.

Monsieur le Président,

Le Niger a accueilli avec enthousiasme l’annonce faite, le 15 Janvier dernier, par le Président Palestinien Mahmoud Abbas, de la tenue d’élections législatives et présidentielles, aux mois de mai et juillet prochain.   

Mon pays se félicite de l’annonce de la tenue de ces élections, qui permettrons aux palestiniens, y compris ceux vivant en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est, de renouveler la légitimité de leurs institutions. Le compromis auquel le Hamas et le Fatah sont parvenus, traduit la volonté de réconciliation et d’unité du peuple palestinien.

Nous fondons l’espoir que les prochaines élections en Palestine, comme en Israël, qui constituent une étape cruciale, pourront contribuer à améliorer les relations entre les deux pays, et à la création de conditions de relance des négociations politiques, en vue de la réalisation de la solution à deux Etats.

Il va sans dire que les élections en Palestine, pour être le succès que nous escomptons, devrons bénéficier du plein soutien de la communauté internationale.

Monsieur le Président,

Au moment ou nous enregistrons des signes de détente dans les relations entre Israël et certains pays de la région, la situation en Palestine continue, quant à elle, à se détériorer.

A cet égard, le Niger, qui souscrit entièrement aux positions exprimées par l’Organisation de la Coopération Islamique, dont il assure la Présidence du Conseil des Ministres, déplore la poursuite de la construction de colonies de peuplement israélien dans les territoires palestiniens occupés. Cette tendance inquiétante, que nous n’avons eu de cesse de dénoncer, s’est traduite en ce début d’année, par l’approbation de plans de construction d’environ 800 nouveaux logements en Cisjordanie, ainsi que par les appels d’offres pour la construction de 2500 autres, dont 460 à Jérusalem-Est.

Nous déplorons tout autant, la politique de démolition des propriétés palestiniennes menée par Israël, puissance occupante, de même que le déplacement forcé, l’expulsion et le transfert des civils palestiniens qui constituent une violation flagrante de la légalité internationale et des résolutions pertinentes des Nations-Unies, y compris la résolution 2334(2016). Ces pratiques, de même que la modification du statut historique et juridique de la ville occupée de Jérusalem, y compris la mosquée d’Al Aqsa, sont des actes qui mettent en péril la viabilité de la solution à deux Etats, ainsi que le retour aux frontières d’avant 1967. A ce titre, elles ne sauraient être tolérées.

Monsieur le Président,

Pour conclure, ma délégation voudrait exprimer sa préoccupation face à la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, du fait de la pandémie du Covid-19, aggravée par la fragilité du système de santé, l’extrême pauvreté, et l’insécurité alimentaire, notamment.  Le blocus de gaza, qui dure depuis 13 ans, de même que la réduction drastique des financement accordés à l’UNRWA, mettent en danger les vies de milliers de palestiniens, en majorité des femmes et des enfants. Il est temps, il est grand temps, de répondre à la demande du Président Mahmoud Abbas visant à l’organisation d’une conférence internationale de paix impliquant toutes les parties concernées, dont le quartet, de façon à bénéficier des perspectives nouvelles en vue de la seule solution qui vaille : celle de la création d’une Etat palestinien viable dans ses frontières de 1967, vivant côte à côte, et en paix avec Israël.

Je vous remercie.

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