Évènement parallèle virtuel a la Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats (« Red Hand Day »).

Évènement parallèle virtuel a la Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats (« Red Hand Day »).

L’Ambassadeur M. Abdou Abarry, Représentant permanent du Niger auprès de l’ONU a pris part à un évènement parallèle virtuel organisé à l’occasion de la Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats (« Red Hand Day »).

Depuis, le 12 février 2002, le protocole facultatif de la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés (OPAC) interdit la participation d’enfants de moins de 18 ans aux hostilités, marquant ainsi une étape importante dans la lutte pour mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.

Pour le diplomate nigérien, chaque enfant qui a été associé à un conflit est un être humain avec une histoire et des espoirs, et non un numéro. Les enfants méritent d’être écoutés et entendus dans un environnement sûr qui respecte la protection de l’enfance.

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Je me joins à mes collègues aujourd’hui pour discuter de la manière de faciliter plus efficacement la réintégration des enfants anciennement associés à des groupes ou des forces armées. Bien que des progrès notables aient été réalisés depuis 2002 avec l’entrée en vigueur du protocole facultatif de la Convention relative aux droits de l’enfant, il reste encore beaucoup à faire. Des milliers d’enfants dans le monde continuent de subir l’injustice et les violations indicibles que représente le fait d’être associé à des groupes armés en tant que soldats.

Ma délégation réaffirme que l’utilisation d’enfants dans les conflits armés, que ce soit comme soldats, cuisiniers, porteurs, espions, esclaves sexuels ou toute autre activité, est illégale en vertu du droit international et tout simplement répréhensible. Une zone de combat, quelle que soit sa forme, n’est pas un endroit pour un enfant. Et lorsque les enfants se trouvent dans une telle situation, ils doivent être traités en premier lieu comme les victimes qu’ils sont.

La question de la réintégration nécessite une approche intégrée et multiforme. Il n’y a pas de réponses faciles aux questions importantes soulevées par la réunion d’aujourd’hui. Toutefois, ma délégation souhaite émettre les recommandations suivantes.

– Premièrement, dans les régions connaissant des conflits armés et des crises prolongées, il est essentiel de garantir un accès adéquat aux documents civils afin d’éviter le recrutement involontaire d’enfants par les forces armées. Il est également nécessaire de renforcer la formation pertinente des forces armées afin qu’il n’y ait pas d’équivoque quant à la participation des enfants, quel que soit leur rôle, et de renforcer les procédures de contrôle de l’âge.

– Deuxièmement, la réintégration nécessite l’implication des acteurs de la protection de l’enfance autant que des communautés. Nous devons donc être très attentifs à la manière dont les communautés réagissent au retour des enfants qui ont été associés à des groupes armés.

– Troisièmement, le renforcement des cadres institutionnels nationaux est essentiel. Mon pays, le Niger, a adopté un protocole pour le transfert des enfants détenus ou placés sous garde militaire aux autorités civiles de protection de l’enfance. Nous appelons les États membres touchés par un conflit armé à adopter et à mettre en œuvre rapidement cette mesure importante afin de protéger les enfants contre une double victimisation.

– Quatrièmement, il est essentiel d’adopter une approche spécifique des programmes de réintégration. Le recrutement forcé et l’implication d’enfants dans des groupes armés sont motivés par des raisons liées au genre. Les conséquences se manifestent également de manière spécifique. Alors que la violence sexuelle concerne aussi bien les filles que les garçons, des groupes terroristes comme Boko Haram enlèvent des filles et des femmes pour les placer dans les rangs des prisonniers de guerre et les utilisent comme esclaves sexuelles ou comme bombes humaines. Pour les survivants de la violence sexuelle liée au conflit, le Niger estime que l’adoption d’une réponse spécifique et fondée sur les droits est non seulement nécessaire, mais qu’elle pourrait être un moyen d’assurer une réinsertion réussie. Elle pourrait commencer à guérir le tissu social et à renforcer la résilience, non seulement des survivants, mais aussi de leurs familles et de leurs communautés.

– Enfin, la plupart des programmes de réintégration existants négligent souvent l’important besoin d’accès à l’éducation pour les enfants anciennement associés à des groupes armés. L’un des droits de l’homme les plus fondamentaux est le droit d’accès à l’éducation. L’éducation, lorsqu’elle est bien dispensée, peut sortir les gens de la pauvreté, remédier à l’inégalité entre les sexes et donner tout simplement de la dignité. Elle est donc tout aussi importante pour les enfants qui ont été confrontés à des conflits d’une manière qu’aucun enfant ne devrait l’être. Les PRST adoptées sous la présidence du Niger l’année dernière soulignent spécifiquement la nécessité d’un accès de qualité à tous les enfants, y compris ceux qui suivent des programmes de réinsertion.

Chers collègues,

Nous devons prêter attention aux crises multidimensionnelles que rencontrent les enfants séparés des groupes armés – souvent dans un contexte humanitaire confronté à des problèmes de développement prolongés. En tant que telle, la question de la réintégration des enfants mérite une attention et un financement soutenus – dans un contexte où la pandémie COVID-19 menace des années de gains durement acquis en matière de protection des enfants, en particulier dans les zones touchées par les conflits, il est important de maintenir l’attention sur l’un des aspects les plus importants mais négligés de la consolidation de la paix.
Je conclus en soulignant que chaque enfant qui a été associé à un conflit est un être humain avec une histoire et des espoirs, et non un numéro. Les enfants méritent d’être écoutés et entendus dans un environnement sûr qui respecte la protection de l’enfance. Les enfants qui ont été associés à des groupes ou des forces armées méritent d’avoir la chance de vivre une vie digne, loin de la violence, de l’endoctrinement et de la vulnérabilité et, surtout, d’avoir une chance de se réintégrer efficacement.

Je vous remercie de votre attention.

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