Déclaration de S.E.M. Massoudou Hassoumi, Ministre d’État Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération    Débat de Haut Niveau du Conseil de Sécurité Sur le thème : Le maintien de la paix et de la sécurité internationales : Climat et Sécurité

Déclaration de S.E.M. Massoudou Hassoumi, Ministre d’État Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Débat de Haut Niveau du Conseil de Sécurité Sur le thème : Le maintien de la paix et de la sécurité internationales : Climat et Sécurité

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernements,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Permettez-moi tout d’abord de saluer l’Irlande pour son accession à la présidence du Conseil pour le mois de Septembre et pour la manière dont elle conduit les travaux de cet auguste organe des Nations Unies.

L’engagement de votre pays pour placer la question des risques sécuritaires liés au changement climatique dans le débat du Conseil est la preuve de votre conviction que la fragilité liée à la dégradation écologique est un facteur aggravant des conflits et de crise humanitaires. En tant que co-président, avec vous, du Groupe d’Experts Informel des membres du Conseil de Sécurité sur le Climat et la Sécurité, le Niger, partage ces convictions et estime que leur prise en compte dans le traitement des dossiers pertinents à l’agenda de ce Conseil, demeure opportune à plus d’un titre. 

Je voudrais également remercier Monsieur Antonio Guterres, ainsi qu’Ilwad Elman, pour leurs interventions qui traduisent et leur ferme engagement à prendre en compte l’impact du changement climatique, sur les questions de paix et de sécurité.

Monsieur le Président,

Alors que nous nous acheminons vers la fin de la seconde année consécutive marquée par la pandémie de la Covid-19, nous ne devons pas en effet, perdre de vue cette autre pandémie, plus dévastatrice sur le long terme, et cette fois-ci sans vaccin, se manifeste parallèlement sous nos yeux : celle du changement climatique.

Les records de canicule, les sécheresses, les graves incendies et inondations, la fonte des glaciers, dont font échos les conclusions du rapport 2021 du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), qui dépeignent une situation des plus alarmantes, nous appellent à l’action.

Si pour certains, ces risques sont nouveaux, pour nous autres au Niger, et dans la région du Sahel, ces risques sont une réalité avec des conséquences sécuritaires et humanitaires certaines, sur les populations et sapent les efforts de développement que nos pays déploient dans un contexte rendu difficile par la pandémie. 

A l’heure où nous parlons, au Sahel, creuset de cette réalité climatique, et où l’agriculture est le pilier des économies, avec en moyenne plus du tiers du PIB, et que plus de 80% de la population dépend des activités agricoles des ressources naturelles pour leur subsistance, le changement climatique, en les amenuisant, a intensifié la compétition autour des ressources foncières, fourragères et hydriques, avec pour effets, la résurgences des conflits communautaires entre éleveurs et agriculteurs qui entravent les efforts de consolidation de la paix et de développement dans la région.

De nombreuse et récentes études ont d’ailleurs montré que dans cette zone, « le changement climatique et la dynamique des conflits créent une boucle de rétroaction, où les impacts du changement climatique engendrent des pressions supplémentaires, tandis que les conflits sapent les capacités des communautés à y faire face ».

Monsieur le Président,

Face à ce fléau, nos États ont engagé plusieurs efforts, tant au niveau continental, avec l’Union Africaine, que régional, à travers le CILSS, la CEDAO, et la Commission climat pour la Région du sahel. Cette dernière s’est dotée d’un Plan d’Investissement Climatique (2018-2030), d’un coût global d’environ 440 milliards de dollars avec pour objectif de contribuer à l’effort planétaire d’atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et d’accroitre les capacités d’adaptation et de résilience des populations Sahéliennes.

Ces efforts, pourtant louables, resterons vains et ne produirons pas l’effet de levier indispensable pour cette mise à l’échelle si nous n’avançons pas tous ensemble. Le manque de consensus sur cette question cruciale ne devrait en aucun cas être un obstacle pour le Conseil, lorsqu’il s’agit d’aborder cette question. Ce manque de consensus devrait être plutôt une opportunité unique d’entendre tous les points de vue susceptibles d’enrichir nos débats, et de nous permettre d’avancer sur cette importante question.

Monsieur le Président,

Permettez-moi à ce stade de mon intervention, de formuler quelques suggestions quant à la manière dont ce conseil pourrait aborder cette question :

Nous devons bâtir nos plans d’actions sur une approche intégrée et coordonnée. Dans le cas des efforts des Nations unies et du Conseil de Sécurité, un investissement accru dans les actions de prévention et d’anticipation dans les États fragiles, pourrait limiter les conséquences humanitaires combinées du changement climatique et des conflits armés. À cet égard, nous appelons au renforcement de la capacité de ce conseil à mieux appréhender l’impact du changement climatique sur la sécurité, à travers un rapport du Secrétaire Général qui intégrera une analyse approfondie des risques actuels et futurs, ainsi que des recommandations orientées vers l’action.

Ma délégation appelle également à une prise en compte systématique de ces risques dans les résolutions, dans le contexte et situations spécifiques, à des pays et régions, car cela peut accroître l’efficacité des efforts de consolidation et de maintien de la paix. En ce sens, nous encourageons le Conseil de sécurité à s’appuyer autant que possible sur le rôle consultatif de la Commission de consolidation de la paix ainsi que sur le Groupe d’Experts Informel co-présidé par le Niger et l’Irlande. Ces cadres, de même que les données qui nous sont fournies par les centres de recherche, nous permettent d’avoir une perspective sur les processus nationaux et régionaux, qui sont autant d’outils, pour mieux informer le Conseil de Sécurité, sur les implications du changement climatique sur la paix et la sécurité.

En outre, la nomination d’un envoyé spécial du secrétaire général pour le climat et la sécurité nous semble opportune, dans la mesure où elle donnera plus de visibilité et d’efficacité à la prise en compte de cette thématique que nul ne peut ignorer.

Pour conclure, Monsieur le Président, ma délégation est en faveur de l’adoption par le Conseil d’une résolution sur ce thème de façon à prendre dûment en comptes les risques sécuritaires liés au changement climatique, en tant qu’élément central, de notre architecture de paix et de sécurité. 

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernements,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Permettez-moi tout d’abord de saluer l’Irlande pour son accession à la présidence du Conseil pour le mois de Septembre et pour la manière dont elle conduit les travaux de cet auguste organe des Nations Unies.

L’engagement de votre pays pour placer la question des risques sécuritaires liés au changement climatique dans le débat du Conseil est la preuve de votre conviction que la fragilité liée à la dégradation écologique est un facteur aggravant des conflits et de crise humanitaires. En tant que co-président, avec vous, du Groupe d’Experts Informel des membres du Conseil de Sécurité sur le Climat et la Sécurité, le Niger, partage ces convictions et estime que leur prise en compte dans le traitement des dossiers pertinents à l’agenda de ce Conseil, demeure opportune à plus d’un titre. 

Je voudrais également remercier Monsieur Antonio Guterres, ainsi qu’Ilwad Elman, pour leurs interventions qui traduisent et leur ferme engagement à prendre en compte l’impact du changement climatique, sur les questions de paix et de sécurité.

Monsieur le Président,

Alors que nous nous acheminons vers la fin de la seconde année consécutive marquée par la pandémie de la Covid-19, nous ne devons pas en effet, perdre de vue cette autre pandémie, plus dévastatrice sur le long terme, et cette fois-ci sans vaccin, se manifeste parallèlement sous nos yeux : celle du changement climatique.

Les records de canicule, les sécheresses, les graves incendies et inondations, la fonte des glaciers, dont font échos les conclusions du rapport 2021 du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), qui dépeignent une situation des plus alarmantes, nous appellent à l’action.

Si pour certains, ces risques sont nouveaux, pour nous autres au Niger, et dans la région du Sahel, ces risques sont une réalité avec des conséquences sécuritaires et humanitaires certaines, sur les populations et sapent les efforts de développement que nos pays déploient dans un contexte rendu difficile par la pandémie. 

A l’heure où nous parlons, au Sahel, creuset de cette réalité climatique, et où l’agriculture est le pilier des économies, avec en moyenne plus du tiers du PIB, et que plus de 80% de la population dépend des activités agricoles des ressources naturelles pour leur subsistance, le changement climatique, en les amenuisant, a intensifié la compétition autour des ressources foncières, fourragères et hydriques, avec pour effets, la résurgences des conflits communautaires entre éleveurs et agriculteurs qui entravent les efforts de consolidation de la paix et de développement dans la région.

De nombreuse et récentes études ont d’ailleurs montré que dans cette zone, « le changement climatique et la dynamique des conflits créent une boucle de rétroaction, où les impacts du changement climatique engendrent des pressions supplémentaires, tandis que les conflits sapent les capacités des communautés à y faire face ».

Monsieur le Président,

Face à ce fléau, nos États ont engagé plusieurs efforts, tant au niveau continental, avec l’Union Africaine, que régional, à travers le CILSS, la CEDAO, et la Commission climat pour la Région du sahel. Cette dernière s’est dotée d’un Plan d’Investissement Climatique (2018-2030), d’un coût global d’environ 440 milliards de dollars avec pour objectif de contribuer à l’effort planétaire d’atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et d’accroitre les capacités d’adaptation et de résilience des populations Sahéliennes.

Ces efforts, pourtant louables, resterons vains et ne produirons pas l’effet de levier indispensable pour cette mise à l’échelle si nous n’avançons pas tous ensemble. Le manque de consensus sur cette question cruciale ne devrait en aucun cas être un obstacle pour le Conseil, lorsqu’il s’agit d’aborder cette question. Ce manque de consensus devrait être plutôt une opportunité unique d’entendre tous les points de vue susceptibles d’enrichir nos débats, et de nous permettre d’avancer sur cette importante question.

Monsieur le Président,

Permettez-moi à ce stade de mon intervention, de formuler quelques suggestions quant à la manière dont ce conseil pourrait aborder cette question :

Nous devons bâtir nos plans d’actions sur une approche intégrée et coordonnée. Dans le cas des efforts des Nations unies et du Conseil de Sécurité, un investissement accru dans les actions de prévention et d’anticipation dans les États fragiles, pourrait limiter les conséquences humanitaires combinées du changement climatique et des conflits armés. À cet égard, nous appelons au renforcement de la capacité de ce conseil à mieux appréhender l’impact du changement climatique sur la sécurité, à travers un rapport du Secrétaire Général qui intégrera une analyse approfondie des risques actuels et futurs, ainsi que des recommandations orientées vers l’action.

Ma délégation appelle également à une prise en compte systématique de ces risques dans les résolutions, dans le contexte et situations spécifiques, à des pays et régions, car cela peut accroître l’efficacité des efforts de consolidation et de maintien de la paix. En ce sens, nous encourageons le Conseil de sécurité à s’appuyer autant que possible sur le rôle consultatif de la Commission de consolidation de la paix ainsi que sur le Groupe d’Experts Informel co-présidé par le Niger et l’Irlande. Ces cadres, de même que les données qui nous sont fournies par les centres de recherche, nous permettent d’avoir une perspective sur les processus nationaux et régionaux, qui sont autant d’outils, pour mieux informer le Conseil de Sécurité, sur les implications du changement climatique sur la paix et la sécurité.

En outre, la nomination d’un envoyé spécial du secrétaire général pour le climat et la sécurité nous semble opportune, dans la mesure où elle donnera plus de visibilité et d’efficacité à la prise en compte de cette thématique que nul ne peut ignorer.

Pour conclure, Monsieur le Président, ma délégation est en faveur de l’adoption par le Conseil d’une résolution sur ce thème de façon à prendre dûment en comptes les risques sécuritaires liés au changement climatique, en tant qu’élément central, de notre architecture de paix et de sécurité. 

Je vous remercie.

Je vous remercie.

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