Déclaration de M. Aougui NIANDOU Représentant Permanent Adjoint de la République du Niger auprès des Nations Unies   Débat de Haut Niveau du Conseil de Sécurité Sur le thème : CONSOLIDATION DE LA PAIX ET PAIX DURABLE : DIVERSITÉ, CONSTRUCTION DE L’ÉTAT ET LA RECHERCHE DE LA PAIX

Déclaration de M. Aougui NIANDOU Représentant Permanent Adjoint de la République du Niger auprès des Nations Unies Débat de Haut Niveau du Conseil de Sécurité Sur le thème : CONSOLIDATION DE LA PAIX ET PAIX DURABLE : DIVERSITÉ, CONSTRUCTION DE L’ÉTAT ET LA RECHERCHE DE LA PAIX

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour votre accession à la présidence du Conseil pour ce mois, et de vous remercier pour l’organisation de cet important débat sur le thème de la « CONSOLIDATION DE LA PAIX ET PAIX DURABLE : DIVERSITÉ, CONSTRUCTION DE L’ÉTAT ET LA RECHERCHE DE LA PAIX ».

Je voudrais remercier S.E.M. Paul Kagame, Président la République du Rwanda ainsi que Messieurs Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies et Thabo Mbeki, Ancien Président de la République d’Afrique du Sud, pour leurs interventions et leur ferme engagement pour la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Je salue également Mme Fawzia Koofi, première femme vice-présidente du Parlement afghan, pour sa contribution.  

Nous savons, Monsieur le Président, combienle thème de ce débat vous est cher, vu l’histoire récente de votre pays, qui a traversé des périodes difficiles aux lendemain des élections de 2007. Mais fort heureusement, grâce à un sursaut patriotique et le dialogue entre les Kenyans eux-mêmes, votre pays a pu surmonter ces épreuves, pour s’engager résolument dans la construction d’une nation unie et prospère, qui sert de modèle dans une région qui fait face à plusieurs défis à sa stabilité.

Monsieur le Président,

Qu’il s’agisse aujourd’hui de l’Afghanistan, de la Bosnie-Herzégovine, du Mali ou de la Syrie, la gestion de la diversité reste un défis pour la stabilité et la viabilité de l’État moderne. Cette assertion est aujourd’hui encore plus évidente en Afrique, où les frontières des États ont été arbitrairement tracées par les anciennes puissances coloniales, qui ont regroupés des composantes diverses sous une autorité centrale nationale nouvelle, avec un système de gouvernance nouveau.

Dès lors, la viabilité et la stabilité politique de ces nouvelles entités a été fonction de la capacité des gouvernants à tenir compte de sensibilités ethniques, raciales et tribales dans un système politique capable de procurer aux citoyens un sentiment d’appartenance et de participation dans la gouvernance politique et économique de leur nation.

L’histoire politique récente de notre continent nous montre que là où cet équilibre a fait défaut, la non-satisfaction des revendications identitaires, politiques et de participation économiques et politiques légitimes a conduit à des troubles internes, qui ont pris la forme des rebellions, des guerres civiles, des coup d’État et même pire, des génocides.

Aujourd’hui encore, avec les effets de la pandémie de la COVID19 et l’utilisation abusive des nouvelles technologie de l’information, il est démontré que mêmes dans les pays à tradition démocratique bien établie, la problématique de la gestion de la diversité reste un sérieux problème avec la montée de la xénophobie, le racisme et la stigmatisation des minorités, notamment du fait de la propagation des fausses informations et des discours de la haine à travers les media sociaux,.    

Monsieur le Président,

Pour faire face à ces défis de gestion de leurs diversité afin de consolider leur paix intérieure, nos États doivent résolument s’engager à assoir un système de gouvernance politique et économie inclusif qui garantisse la participation de toutes les composantes nationales dans la gestion de l’État à travers un cadre démocratique.

Pour sa part, mon pays le Niger, tirant les leçons de son passé politique et sécuritaire, s’est résolument engagé à assoir et consolider ses institutions démocratiques pour donner la chance à tous ses filles et fils de participer à la vie politique et économique du pays. Il est heureux d’évoquer ici, pour s’en féliciter, la première alternance politique pacifique, qui a vu cette année la passation de pouvoir entre un président élu à son successeur, lui-même démocratiquement élu.

Aussi, faut-il le rappeler, s’appuyant sur ses expériences passées en matière de gestion des conflits internes, le Niger a su mettre en place, depuis 1995, la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix afin d’assurer le suivi et le traitement des causes profondes de conflit de manière durable. Cette instance, qui se veut être un instrument de dialogue entre les communautés nationales et de promotion de l’inclusivité et de la participation des communautés dans la vie politique et économique, a pu, par ses actions, aux niveaux communautaire et décentralisé, contribué à renforcer la cohésion et à l’unité nationale.  

Pour conclure, Monsieur le Président, ma délégation reste d’avis que pour faire face aux défis de la gestion de la diversité, il nous faut nécessairement mettre en place des politiques adaptées à chaque contexte national. Il faudrait aussi que ces lignes de fractures ethniques, religieuses et tribales cessent d’être des instruments de mobilisation pour des politiciens et autres leaders d’opinions pour parvenir à des fins égoïstes.

Bien que ce crises soient souvent de nature internes, elles ont souvent de répercussions sur les voisins immédiats et parfois même au-delà. Il serait donc pertinent de reconnaitre le rôle éminemment positive que jouent les Organisations régionales comme l’Union Africaine, l’IGAD et la DEDEAO et les autres organisations régionales similaires, dans le cadre de leur bons offices pour aider leurs membres à parvenir à la réconciliation nationale et assoir une paix durable. L’implication de la communauté internationale, incarnée par les Nations Unies, dans les conflits internes ne doit intervenir qu’en dernier ressort.

Je vous remercie.

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