Déclaration de M. Abdou Abbary Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au débat du Conseil de Sécurité sur  la Gouvernance et la Réforme du Secteur de la Sécurité

Déclaration de M. Abdou Abbary Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au débat du Conseil de Sécurité sur la Gouvernance et la Réforme du Secteur de la Sécurité

Madame la Présidente,

Permettez-moi, à l’entame de mon propos, de vous féliciter pour l’accession de votre pays à la présidence du Conseil de Sécurité pour le mois de décembre, et vous remercier d’avoir fait du thème sur la réforme du secteur de la sécurité, une priorité.

Je tiens à vous assurer du plein soutien du Niger, ainsi que notre appréciation des efforts fournis, concernant la proposition d’une résolution par votre pays sur le sujet.

C’est le lieu aussi, de remercier les différents intervenants, pour leurs contributions riches et diversifiées dans nos débats d’aujourd’hui.

Madame la Présidente,

La transformation du secteur de la sécurité reste plus que jamais nécessaire, face à l’évolution du monde, et aux enjeux nouveaux auxquels nos États font face. Pour mon pays, le Niger, ces réformes sont d’une importance cruciale, au regard des difficultés liées à l’insécurité qui sévit dans la zone sahélienne depuis bientôt une décennie. Dans l’objectif de maintenir la stabilité sécuritaire du pays, et afin d’établir et de consolider les bases d’un développement socio-économique durable. C’est pourquoi, dans le cadre du Programme de Renaissance, volet 3 « Assurer la sécurité des personnes et des biens » poursuit les objectifs suivants :

  • la redéfinition et la mise en œuvre d’une politique de sécurité nationale tenant compte des dimensions politiques, économiques et militaires,
  • la consolidation de l’autorité de l’État à tous les niveaux, la poursuite et le renforcement de la coopération sécuritaire avec les pays voisins.

Il est important de souligner que toutes ces initiatives prennent en compte la dimension emplois des jeunes, qui, en leur offrant une activité, réduit leur vulnérabilité, dans un environnement régional qui expose une partie de ces jeunes, surtout en milieu rural, à la tentation d’être embrigadée par les forces du mal.

C’est ainsi que de par sa position géographique, entouré par trois foyers de tension -boko haram au sud, la crise Libyenne au nord et celle au Mali à l’ouest, le Niger a  érigé en priorité, le renforcement des capacités du secteur de la sécurité, notamment de la défense, de la police, de la justice, du système pénitentiaire, du système judiciaire, de la gestion des frontières et des douanes, pour mieux adapter ces instruments de sécurité aux menaces actuelles, dominées par l’expansion du terrorisme dans l’espace sahélien. Il convient de souligner, dans ce cadre, tous les efforts régulièrement déployés par mon pays, aussi bien dans le domaine de la formation des différents acteurs du secteur de la sécurité, que celui de la modernisation de leurs équipements.

A travers les mécanismes sous-régionaux, le Niger a mis l’accent sur le renforcement d’une coopération transfrontalière accrue avec les pays limitrophes et les États membres de la CEDEAO, pour mieux promouvoir la réforme du secteur de sécurité dans un contexte de plus en plus globalisé. C’est dans cet élan de mutualisation de nos efforts, que nous nous sommes engagés, dans le cadre politique de la CEDEAO, pour la réforme et la gouvernance du secteur de la sécurité, adopté en 2016, qui est en cohérence avec les politiques de l’Union Africaine et des Nations Unies dans le domaine.

A cet égard, ma délégation se réjouit de l’implication du Conseil de Sécurité et des différents organes des Nations Unies, et en particulier du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), des organisations régionales et sous régionales qui, à travers des partenariats stratégiques, œuvrent de concert pour renforcer la bonne gouvernance du secteur de sécurité.

Madame la Présidente,

Il est important par ailleurs, de souligner que toute transformation du secteur de la sécurité ne saurait être complète, sans l’apport et l’implication des acteurs de contrôle indépendants, que sont les organisations de la société civile, composante essentielle dans la consolidation de tout processus démocratique viable.

De plus, la promotion de la jeunesse, du genre et du principe d’égalité entre les sexes doit être soutenue conformément à l’article 63 du Traité révisé de la CEDEAO (1993), dans la Politique de l’organisation en matière de Genre (2004), et à l’article 81 du Cadre de prévention des conflits de la CEDEAO ainsi que son Plan d’action régional, pour la mise en œuvre des Résolutions 1325 et 1820 du Conseil de Sécurité de l’ONU (2010).

Cette approche inclusive devrait aussi prendre suffisamment en compte les menaces à la paix et à la sécurité d’un genre nouveau que sont la lutte contre le terrorisme, le dérèglement climatique et les pandémies.

Tout en accueillant avec satisfaction les récentes évolutions dans le domaine de la gouvernance du secteur de sécurité, ma délégation voudrait rappeler la nécessité d’une appropriation nationale du processus.

Il est essentiel, en effet, que la politique et le programme de réforme du secteur de la sécurité soient élaborés, gérés et mis en œuvre par les acteurs nationaux, plutôt que par des intervenants extérieurs, comme l’ont mentionné les experts, et confirmé par les exemples des processus qui ont été couronnés de succès.

Je ne saurais terminer, Madame la Présidente, sans mentionner le rôle important que jouent les missions de maintien de la paix des Nations Unies et de la Commission de Consolidation de la Paix, dans le processus de transformation du secteur de sécurité, à travers leurs appuis déterminants aux programmes de désarmement, démobilisation et de réintégration.

Je vous remercie.

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