Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies  sur la « Lutte Contre le Terrorisme ».

Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies sur la « Lutte Contre le Terrorisme ».

Je vous remercie Madame la Présidente, pour l’organisation de ce débat. Je remercie également M. Vladimir Voronkov et Mme Michele Coninsx pour la richesse de leurs exposés. Enfin mes remerciements vont au secrétariat général pour l’élaboration du 12eme rapport sur les menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par les actes terroristes et les appuis qu’apportent les Nations Unies aux Etats membres afin de les aider à mieux faire face à ces menaces.

Madame la Présidente,

Ma délégation se réjouit des développements positifs observés en 2020, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme qui se sont traduits par la neutralisation de plusieurs hauts cadres de commandement des groupes terroristes en Irak, en Syrie, mais aussi en Afrique. Ces succès, nous le devons aussi bien aux actions offensives menées par les différentes coalitions militaires internationales antiterroristes qu’aux actions plus soft des entités compétentes des Nations Unies visant à renforcer la capacité des Etats membres dans la mise en œuvre de leurs stratégies de prévention et de répression d’actes terroristes conformément aux droits et conventions internationales.

Malgré ces victoires, nous demeurons toujours préoccupés par la résilience et la capacité d’adaptation de l’organisation Etat islamique qui, tout au long de l’année 2020, a multiplié les efforts pour exploiter opportunément les vulnérabilités conséquences de la crise sanitaire mondiale du Covid-19 afin de se réorganiser et reconstituer sa capacité opérationnelle extérieure, perdue depuis la défaite de son dernier bastion en Syrie, en mars 2019.

Pour y parvenir, l’organisation s’appuie sur des cellules dormantes et groupes affiliés qui sont implantés dans plusieurs parties du monde, dont le continent africain. Dans leurs sales besognes les terroristes profitent de la faiblesse des systèmes de défense des pays africains, de la précarité de leurs populations ainsi que de la porosité de leurs frontières. Les conflits intercommunautaires et les instabilités politiques dans ces pays sont aussi des facteurs aggravants.

Au sahel, par exemple, en dépit des offensives menées par les forces de la région et leurs partenaires, l’organisation état Islamique au grand Sahara continue de menacer la quiétude des populations vivant dans la zone des trois frontières (Mali-Niger-Burkina). Quant aux groupes Boko Haram et Province de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), ils maintiennent toujours leur capacité de nuisance et représentent les principales menaces dans la région du bassin du lac Tchad.

Dans la partie Est du continent, la filiale de l’organisation Etat Islamique en Somalie, Al Shabab, maintient une connexion avec les affiliés du groupe terroriste « Province de l’Etat Islamique en Afrique Centrale » qui continue de mener des attaques meurtrières contre des civils et des militaires en Mozambique, en République Démocratique du Congo et plus récemment, le 14 octobre 2020, en Tanzanie.

Par ailleurs, il convient aussi de l’indiquer M. le Président, que l’impact socioéconomique de la pandémie du Corona virus dans les pays africains pourrait à moyen ou à long terme aggraver les conditions existantes propices à la propagation de l’idéologie terroriste et élargir leur terreau de recrutement. Il importe dès lors, que la communauté internationale prenne toutes les mesures pour accompagner les efforts des Etats africains, en vue d’empêcher les terroristes de tirer profit des fractures sociales et autres vulnérabilités exacerbées par la pandémie.

Madame la Présidente,

La lutte contre le terrorisme n’est pas seulement une affaire des militaires. Celle-ci requiert aussi la prise en compte par les Etats, d’autres mesures toutes aussi importantes. Ces mesures peuvent cibler par exemple, les comportements et activités susceptibles de favoriser le financement du terrorisme, tels que la corruption et le blanchiment d’argent, le gel des avoirs terroristes, l’élaboration des programmes de déradicalisation et des projets de réadaptation ou de réinsertion sociale des anciens détenus terroristes, la maitrise de l’internet pour empêcher son usage à des fins terroristes.

C’est à ce niveau que je voudrais saluer l’engagement remarquable de toutes les entités compétentes des Nations Unies et particulièrement l’Office des Nations Unies Contre le Terrorisme, la Direction Exécutive du Comité contre le Terrorisme (DECT) et l’Organisation des Nations Unies contre les  drogues et le crime (ONUDC)  qui, malgré ces moments difficiles, ont su trouver les mécanismes alternatifs nécessaires, leur permettant d’assurer la continuité du soutien de l’Organisation des Nations Unies aux efforts des Etats membres, au moyen de procédures innovantes, d’évaluation à distance, de formation en ligne et d’organisation d’évènements virtuels.

Madame la Présidente,

Je voudrais pour terminer mon propos, réaffirmer la conviction de mon pays que la lutte contre le terrorisme requiert l’engagement de tous. La communauté internationale a le devoir de maintenir vivaces son engagement et sa solidarité face à cette menace globale.  Les Etats doivent préserver la dynamique qui a permis de défaire l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie, car c’est de cette façon et de cette façon seulement, que la même victoire pourra être remportée dans les autres régions du monde durement affectées par ce terrible fléau.

Je vous remercie.

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