Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies lors du débat sur la situation politique en Syrie au Conseil de Sécurité…

Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies lors du débat sur la situation politique en Syrie au Conseil de Sécurité…

Permettez-moi de commencer par remercier l’Envoyé spécial Pedersen et Mme Noura Ghazi pour leurs présentations perspicaces.

Je voudrais également souhaiter la bienvenue à SEM Bashar Al-Jafari, Représentant permanent de la Syrie, pour sa présence parmi nous ce matin.

Monsieur le Président,

Le Niger tient à réaffirmer que la solution du conflit syrien ne peut être recherchée par la seule action militaire. Tout en nous félicitant de la diminution de la violence depuis le cessez-le-feu parrainé par la Turquie et la Russie, nous pensons que la cessation des hostilités doit aller de pair avec la relance du processus politique. Nous ne devons pas nous permettre de voir la crise s’enraciner de plus en plus et les souffrances d’une population innocente et vulnérable se prolonger. Il est urgent de progresser sur la voie d’une solution politique au conflit syrien.

À cet égard, permettez-moi d’aborder les points suivants qui, à notre avis, sont les pierres angulaires d’une solution inclusive et durable à cette crise prolongée.

• Premièrement, la mise en place d’un cessez-le-feu national complet, comme l’ont appelé l’Envoyé spécial et le Secrétaire général, est cruciale en ce moment où la pandémie de COVID-19, qui exige que toutes les parties se concentrent sur la maîtrise et l’atténuation de ses impacts sur la population, déjà vivant dans des conditions de vie désastreuses.

Nous notons avec préoccupation les informations faisant état d’escalades dans la région de Jebel al-Zawiya à Idlib et dans le nord-ouest de Hama après avoir observé plusieurs mois de moins d’hostilités et appelé toutes les parties à désescalader et à mettre fin aux hostilités.

• Deuxièmement, ma délégation appelle toutes les parties prenantes à revenir à la table des négociations et de bonne foi. Le Niger soutient les efforts déployés par l’Envoyé spécial pour dialoguer avec les différentes parties de la Commission constitutionnelle afin de revitaliser ses travaux. L’ONU doit apporter tout le soutien nécessaire à ce processus, tout en préservant le leadership et l’appropriation par les parties syriennes concernées du processus, conformément aux dispositions de la sécurité 2254. Nous demandons en particulier au Gouvernement syrien de renforcer encore son engagement avec les autres parties aux pourparlers.

• Troisièmement, des mesures de confiance des deux côtés pourraient grandement contribuer à dissiper la méfiance entre les parties aux négociations dans le processus politique. Nous voudrions donc faire écho à l’appel de l’Envoyé spécial Pedersen, le 18 mai, selon lequel «une libération à grande échelle et unilatérale des détenus ainsi que des actions plus significatives sur les cas de personnes disparues n’ont jamais été plus nécessaires».

Les deux parties doivent faire preuve de compassion en ces temps sans précédent, en assurant des soins médicaux à tous les détenus et en donnant des éclaircissements mérités aux familles des personnes disparues.

• Quatrièmement, l’appel à un cessez-le-feu et la nécessité d’un effort commun et collectif face à la pandémie de COVID-19 ne devraient pas nous distraire de la lutte contre le terrorisme, d’autant plus que des preuves montrent que des groupes criminels tentent de profiter de la crise sanitaire actuelle pour se regrouper et reprendre le service. Le gouvernement syrien a le droit de poursuivre la lutte contre le terrorisme sur son territoire. Pourtant, cela doit être fait dans le respect des droits de l’homme internationaux et du droit international humanitaire, en particulier en ce qui concerne la protection des civils et des infrastructures civiles.

Enfin et surtout, nous devons garder à l’esprit que, compte tenu des récentes manifestations, alimentées par les difficultés économiques, dans certaines provinces du sud, jusqu’ici épargnées par l’instabilité, le fait d’avoir une constitution seule, et finalement la tenue d’élections, ne sont pas les panacées pour sortir de la crise. Des mesures économiques et des efforts de consolidation de la paix bien pensés doivent également être élaborés et mis en œuvre.

Parlant des difficultés économiques des Syriens, nous ne devons pas non plus perdre de vue le fait que, souvent, lorsqu’un conflit se prolonge, comme on le voit ailleurs, les ressources naturelles du pays, qui devraient normalement bénéficier à la population, sont exploitées illégalement et pillés par divers acteurs, alors que le conflit se poursuit. Le principe de la souveraineté des populations sur leurs ressources naturelles doit être respecté.

Pour conclure, ma délégation voudrait, une fois de plus, exprimer nos remerciements à M. Pedersen pour ses efforts inlassables de collaboration avec les parties prenantes syriennes de toutes les parties, y compris le Conseil consultatif des femmes et les organisations de la société civile à travers la Syrie et la région. Nous espérons voir le processus politique reprendre sérieusement alors que les restrictions actuelles dues au CoVID-19 sont levées dans le monde entier.

Je vous remercie.

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