Déclaration de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies (Coordonnateur des A3+1) à la réunion virtuelle entre le Conseil de Paix et de Sécurité (UA) et le Groupe des A3+1 à New York

Déclaration de M. Abdou Abarry Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies (Coordonnateur des A3+1) à la réunion virtuelle entre le Conseil de Paix et de Sécurité (UA) et le Groupe des A3+1 à New York

Monsieur le Président du Conseil de Paix et de Sécurité,

Monsieur le Commissaire de Paix et de Sécurité,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Chers collègues, chers invités,

Permettez-moi à l’entame de mon propos de vous féliciter, au nom des A3+1, à savoir le Kenya, la Tunisie, les Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Niger, pour votre accession à la présidence du Conseil de paix et de sécurité et de vous remercier d’avoir convoqué la présente réunion pour nous permettre d’harmoniser nos deux programmes de travail et de discuter des questions d’intérêts pour nos deux groupes.   

Je voudrais remercier très sincèrement, le Commissaire Smail Chergui pour son brillant exposé et pour son engagement constant dans la défense de intérêts de notre continent. Je salue également tous les membres du Conseil de paix et de sécurité pour leur engament pour la cause de la paix et apprécie leur participation à la réunion d’aujourd’hui. 

Monsieur le Président,

Le partenariat entre le CPS et les A3+1 revêt toute sa pertinence, en ce moment où, 60 à 70% des questions examinées, par le Conseil de Sécurité des Nations Unies se rapportent à notre continent. Cet état de fait doit nous inciter à renforcer davantage la collaboration entre le Conseil de paix et de sécurité et les A3+1, représentants du continent au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies.  

Comme vous le savez, la création du Groupe des A3 vise à assurer une bonne représentation et une prise en compte adéquate des intérêts de notre continent. Il me plait de relever ici, pour m’en féliciter, que les A3 ont su maintenir leur unité et leur cohésion au sein du Conseil de sécurité, lors de l’examen des questions ayant trait à notre continent. C’est, du reste, cela qui force le respect et l’admiration des autres membres du Conseil, dont certains n’hésitent pas à s’aligner sur les positions exprimées par les A3+1, notamment sur les questions africaines.  

Pour mener à bien ce mandat, les A3+1 désignent un coordonnateur, pour une période de quatre (4) mois, et procèdent à une répartition des thèmes pour les déclarations conjointes, sur les questions africaines inscrites au programme de travail mensuel du Conseil. Le groupe se réunit également, chaque fois que de besoin, pour discuter et harmoniser ses positions, au niveau experts ou au niveau des Représentants Permanents, sur toutes les questions d’intérêt, telles que les projets de résolutions, les déclarations présidentielles ou tout autre document du Conseil se rapportant à notre continent. C’est dans ce cadre que le Groupe invite, à sa réunion mensuelle de coordination, des membres du Secrétariat des Nations Unies, notamment ceux du Département des Affaires Politiques et de la Consolidations de la Paix (DPPA), ou ceux de celui Chargé des Opérations de Paix. Avant l’examen par le Conseil des situations concernant un pays africain, les A3+1 organisent des réunions au cours desquelles, les représentants de ces pays sont invités à briefer le Groupe, de façon à lui permettre de mieux défendre leurs intérêts et ceux de la région. À cette réunion, est également invité le représentant de la configuration régionale pour donner les perspectives de la région. 

Les A3+1 rendent compte régulièrement, au Groupe des Ambassadeurs Africains, de leurs activités au sein du Conseil.

De même, les A3+1 prennent l’initiative de réunions avec certains membres du Conseil, comme ce fut le cas récemment, de la rencontre avec la nouvelle Représentante des États-Unis, ou avec les membres Européens du Conseil sur des questions de coordination de leurs positions avec celles des A3+1. 

À ce stade de mon propos, je voudrais saluer très sincèrement, l’excellent partenariat qui existe entre les trois membres africains du Conseil que nous sommes et les Saint Vincent et les Grenadines, dont l’engagement à nos côtés, constitue un précieux atout dans la défense des intérêts africains au Conseil de Sécurité. Je salue la présence parmi nous de l’Ambassadeur, Rhonda King, dont le fort engagement a permis de donner à notre Groupe, le nom des A3+1.

Monsieur le Président,

En plus de la retraite annuelle de partenariat entre le CPS et le Conseil de Sécurité, il nous parait important que des rencontres plus régulières aient lieu entre le CPS et les A3+1, de façon à permettre à ces derniers, de défendre avec encore plus d’efficacité, les intérêts de notre continent.  

C’est cette régularité de rencontres, que nous appelons de tous nos vœux, qui permettra aux A3+1 de mieux prendre en charge certaines situations de crise, comme ce fut le cas récemment, dans le cadre des négociations se sur le renouvellement du mandat de l’AMISOM. C’est aussi de cette manière qu’on échappera aux tentatives de division que certaines puissances promeuvent pour entraver l’efficacité des A3+1.

En plus des négociations en cours sur le renouvellement du mandat de l’AMISOM, le Conseil s’attèlera ce mois-ci à l’examen de la situation en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine (RCA), au Sud Soudan, à la situation dans le Sahel ainsi qu’à celle en Libye. La récente initiative de mettre en contact les équipes d’experts d’Addis et de New York sur la question de l’AMISOM devrait être dupliquée dans le traitement des questions toutes aussi importantes que j’ai évoquées plus tôt.

Je voudrais ici souligner, le rôle éminemment positif que joue la Mission d’Observation de l’Union Africaine, avec à sa tête, l’Ambassadeur Fatima Kyari, dont la disponibilité et les précieux appuis ne nous ont jamais fait défaut. À cet égard, et au vu des sollicitations de plus en plus croissantes, il est nécessaire que les capacités de cette représentation auprès des Nations unies, soient renforcées, aussi bien en ressources humaines que financières.  

Monsieur le Président,

Avant de conclure, je souhaiterais formuler les recommandations ci-après, qui pourraient contribuer au renforcement des relations entre les CPS et les A3+1. Il s’agit :

  • De rétablir des consultations mensuelles entre la troïka et les A3+1 sur le programme de travail du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et en particulier sur les dossiers nécessitant des orientations urgentes de la part du CPS ;
  • D’explorer la possibilité, d’harmoniser, le programme de travail du CPS avec celui du CSNU sur les questions africaines afin de permettre aux A3+1 de prendre en compte les décisions du CPS, lors de l’examen de ces questions par le Conseil.
  • De mettre un accent particulier sur les méthodes de travail du Conseil, qui en l’état actuel perpétuent la domination des plus puissants sur les le système de « porteur de plume » « penholder » qui pour le moins qu’on puisse dire, marginalise les membres non-permanents, doit être revu et corrigé.
  • De corriger cette autre injustice, qui fait que les projets de résolutions sont d’abord négociés entre les membres permanents, avant d’être partagés aux Membres élus qui, assez souvent n’ont d’autre choix que d’accepter, de peur d’être considérés comme bloquant des textes, devenus subitement urgents. Cette procédure prévaut, même pour des questions africaines, dont nous sommes pourtant les premiers concernés.

Nous devons tirer avantage du retour du multilatéralisme, au sein du Conseil de Sécurité pour bâtir nos stratégies, élargir nos partenariats et créer les conditions optimales de défense des intérêts de notre cher continent.

Je vous remercie.

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