Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au nom des A3 et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Briefing du Conseil de sécurité sur la MINUSCA

Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations unies au nom des A3 et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Briefing du Conseil de sécurité sur la MINUSCA

J’ai l’honneur de faire cette déclaration au nom des A3+1 à savoir le Kenya, la Tunisie, Saint-Vincent et les Grenadines et le Niger.

Nous remercions le Sous-Secrétaire Général Jean Pierre Lacroix, le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine Smaïl Chergui, Ms Rita Laranjinha, EEAS Managing Director Africa et Ms. Kessy Martine Ekomo-Soignet, director of youth-led peacebuilding Organisation (URU) pour leurs exposés fort édifiants,

Nous voudrions tout d’abord féliciter la MINUSCA pour les actions vigoureuses qu’elle a menées afin d’aider à contenir les violences liées au processus électoral, perpétrées par les groupes armés en Centrafrique.

Nous réitérons nos condoléances aux familles des 12 membres du personnel des Nations Unies décédés entre le mois d’octobre 2020 et janvier 2021, dont 7 militaires victimes d’attaques des groupes armés.

Nous soutenons l’appel du Secrétaire général à l’endroit des autorités de la République centrafricaine à tout mettre en œuvre pour traquer les auteurs de ces attaques qui pourraient constituer un crime contre l’humanité, et engager des poursuites à leur encontre devant les tribunaux nationaux et internationaux.

Madame la Présidente

Les tentatives d’obstruction au processus politique lors des élections législatives et présidentielles de décembre passé, la recrudescence de la violence et le manque de confiance qu’il a engendrés entre les acteurs politiques, ont mis à rude épreuve le processus de paix en Centrafrique.

Comme nous l’avons mentionné à l’occasion de la réunion du conseil, le 20 janvier 2021 sur la République Centrafricaine, nous réitérons notre ferme conviction que les élections restent la seule voix légitime d’accession au pouvoir, et saluons une fois de plus la détermination du peuple centrafricain à exercer son droit légitime d’élire ses dirigeants malgré le contexte difficile auquel il fait face.

Nous demeurons plus que jamais convaincus que seul le dialogue entre les centrafricains, avec le soutien des pays de la région, l’Union africaine, les Nations Unies et la Communauté internationale, dans son ensemble, reste la clé pour une sortie de crise réussie en Centrafrique.

Nous appelons tous les acteurs à accepter les résultats des élections telles que validées par la Cour Constitutionnelle, et encourageons le Président Touadéra dans sa volonté tendant à tout mettre en œuvre pour initier et promouvoir un dialogue inclusif avec l’opposition, les groupes armés signataires de l’accord de paix du 6 février 2019, la société civile et toutes les parties prenantes, pour apaiser les tensions et relancer le processus de mise en œuvre dudit accord.

Nous nous réjouissons, à cet égard, des initiatives notables déjà prises afin de promouvoir la paix et la réconciliation aux niveaux national et local. 

De même, nous saluons l’avancée enregistrée dans le processus de paix avec la récente nomination des commissaires de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation, qui favorisera la poursuite du processus de paix et la justice transitionnelle.

Nous soulignons toutefois, que le dialogue ne doit pas entraver la lutte contre l’impunité, et de ce fait, appelons le Gouvernement centrafricain à renforcer la mise en œuvre des réformes institutionnelles, en particulier la réforme du secteur de la sécurité qui constitue un défi majeur au regard des mises à l’épreuve et des insuffisances constatées ces dernières semaines.

Nous appelons également à des actions coordonnées de la Communauté internationale, à commencer par les Nations Unies, pour contribuer plus efficacement à soulager les souffrances de la population surtout en cette période de la pandémie du covid-19, en facilitant l’accès à l’assistance humanitaire et la promotion des droits de l’homme.

Nous sommes particulièrement préoccupés par la détérioration de la situation humanitaire, avec environ 2,8 millions de personnes dans le besoin d’assistance humanitaire, dont 1,9 en urgence ; et 2,3 millions souffrant d’insécurité alimentaire, dont plus d’un tiers en urgence. A ce chiffre, il faut ajouter plus d’1,3 million de déplacés internes ou dans les pays voisins, pour lesquels nous appelons à un sursaut de la communauté internationale, incluant l’UNHCR, pour leur rapatriement dans le respect du droit international humanitaire.

Madame la Présidente,

L’harmonisation des actions doit également favoriser un meilleur impact sur le terrain et la mise en œuvre pleine et effective de l’accord de paix.

Cela devrait conduire à mettre au centre de nos réflexions, des solutions aux causes profondes de l’instabilité dans le pays, et aider les autorités à assurer leur première responsabilité de protéger les populations.

Nous comprenons en outre, les préoccupations des autorités centrafricaines et autres organisations régionales et sous-régionales sur la question essentielle de l’embargo sur les armes qui, au-delà de ses aspects techniques revêt une dimension hautement politique dont il faut en tenir compte.

Nous apprécions à cet égard, la collaboration des membres du Conseil qui ont constamment été favorables aux demandes d’exemptions émanant des autorités centrafricaines concernant l’embargo sur les armes, auprès du Comité de sanction sur la République centrafricaine.

Les A3+1 sont prêts à travailler avec les membres du Conseil, sur des mesures concrètes qui prendraient en compte, toutes les considérations, afin d’aboutir à une solution durable qui prend en compte les revendications du Gouvernement centrafricain mais des défis qui s’attachent à cette question. 

Nous soutenons la recommandation du Secrétaire général pour le renforcement des capacités de la MINUSCA, par l’ajustement de ses troupes et les forces de polices, de même que la mise à disposition des matériels adéquats, afin de lui permettre de garantir la sécurité des civils, des soldats de la paix et le maintien de l’ordre, conformément à la résolution 2552 (2020) renouvelant le mandat de la MINUSCA. Dans la conduite de cet exercice, les autorités centrafricaines devront être intimement associées.

Pour conclure, les A3+1 saluent une fois de plus les efforts de l’Union africaine, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que ceux de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) en leur qualité de garants de l’accord de paix, dans la recherche d’une solution à la crise en République centrafricaine.

Nous réaffirmons également notre soutien au rôle de premier plan joué par la MINUSCA dans la promotion de la paix et de la sécurité, principalement par la mise en œuvre de l’accord de paix, et saluons l’engagement indéfectible et les efforts inlassables du Représentant spécial du Secrétaire général, Chef de la MINUSCA, pour les bons offices et le soutien au processus de réconciliation.

Je vous remercie.

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