Déclaration de M. Abdou Abarry, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations unies au nom de A3 et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines au briefing du Conseil de Sécurité sur l’UNOWAS…

Déclaration de M. Abdou Abarry, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations unies au nom de A3 et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines au briefing du Conseil de Sécurité sur l’UNOWAS…

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de faire cette déclaration au nom de l’A3+1, à savoir l’Afrique du Sud, la Tunisie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Niger.

Je voudrais tout d’abord exprimer mes sincères remerciements à M. Mohamed Ibn Chambas, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, pour son exposé instructif, pour son dévouement à promouvoir le dialogue et son engagement soutenu en faveur de la stabilisation de la situation dans la région.

Je félicite également Mme Hindou Oumarou Ibrahim, dont les propos pertinents témoignent de son engagement dans la sensibilisation aux effets néfastes du changement climatique, en particulier dans une région déjà confrontée à plusieurs défis.

Monsieur le Président,

2020 est une année où plusieurs élections se sont déroulées dans des conditions normales, malgré le contexte de la pandémie COVID-19. Certaines de ces élections, comme au Mali, ont permis l’émergence de femmes, dont beaucoup ont été élues à l’Assemblée nationale.

Les A3+1 se félicitent de cette évolution qui consolide les bases de la démocratie et de l’État de droit et qui jettent les bases d’une gestion plus consensuelle et pacifique du pouvoir.

Nous saluons le rôle clé joué par le Représentant Spécial du Secrétaire Général et les efforts efficaces déployés son Bureau dans le plaidoyer en faveur de la diplomatie préventive et leurs bons offices, sans lesquels de nombreuses situations de crise auraient pu dégénérer.

À cet égard, le renforcement des institutions démocratiques, par la promotion du dialogue entre les acteurs politiques, le plaidoyer pour la promotion de la paix et la coexistence pacifique entre les segments de la société et les communautés, sont autant d’actions à mettre à l’actif du Bureau de l’UNOWAS.

Nous encourageons l’UNOWAS à poursuivre ces efforts, d’autant plus que la sous-région se prépare aux élections générales qui doivent avoir lieu dans cinq pays, dont certains dans un environnement tendu.

Grâce à une bonne coopération avec la CEDEAO, dont le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance est essentiel, l’UNOWAS devait contribuer à ce que toutes ces élections prévues se déroulent dans le calme et dans un environnement stable, compte tenu notamment du contexte sécuritaire difficile et de la pandémie COVID-19.

Monsieur le Président,

En plus de son mandat traditionnel, le Bureau de l’UNOWAS devra consacrer encore plus d’efforts à aider les pays à faire face à ce qui est maintenant devenu la priorité absolue, celle de la lutte contre les groupes terroristes armés, dont les actions n’épargnent ni les Forces Armées des Pays ni les populations civiles.

Ces groupes terroristes, qui alimentent les tensions intercommunautaires, forcent des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, à fuir leurs foyers.

Dans le Sahel, une région où le changement climatique, les conflits armés et la fragilité des systèmes de santé aggravent les problèmes, la pandémie COVID-19 exacerbe une situation déjà désastreuse qui rend les populations particulièrement vulnérables à la maladie et à la faim et risque en outre d’annuler les progrès durement acquis qui ont été réalisés sur de nombreux fronts, notamment la croissance économique, la réduction de la pauvreté et la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Selon les agences des Nations unies, 3,5 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë ou grave ; 3,1 millions sont des personnes déplacées à l’intérieur du pays, des rapatriés et des personnes menacées d’apatridie. Nous saluons les initiatives prises par la CEDEAO pour atténuer l’impact de la pandémie.

Face à une telle situation, les A3+1 estiment que seule une approche globale, qui s’attaque aux causes profondes du terrorisme et de la violence intercommunautaire par la réduction de la pauvreté et l’investissement dans le développement humain, reste la stratégie la plus appropriée pour inverser cette tendance des plus préoccupantes. Nous pensons également qu’il est essentiel de mettre l’accent sur des interventions au niveau communautaire, telles que les dialogues intercommunautaires, pour lutter contre la violence. Nous nous félicitons donc de la convocation et des résultats de l’atelier sur les bonnes pratiques en matière de prévention et de résolution des conflits entre agriculteurs et éleveurs organisé par l’UNOWAS et la CEDEAO, qui constitue à notre avis une initiative positive pour lutter contre la violence intercommunautaire. 

Les A3+1 saluent, à cet égard, l’action menée par certains pays pour renforcer la participation des femmes et des jeunes à la mise en œuvre des stratégies nationales pour la paix, la sécurité, le développement et la lutte contre la COVID-19. Ces évolutions positives contribueront de manière significative à une plus large appropriation nationale et à une participation significative de toutes les populations aux activités de consolidation de la paix dans leurs pays respectifs.

Monsieur le Président,

L’A3 + 1 reste profondément préoccupé par les défis persistants du trafic de drogue, du crime organisé et de la piraterie maritime, par lesquels les groupes terroristes trouvent les moyens de financer leurs activités criminelles.

À cet égard, nous saluons l’excellent travail de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime en matière de renforcement des capacités d’interception des États de la région, qui a permis d’importantes saisies de drogue en Guinée-Bissau, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Mali, ainsi que l’arrestation et la condamnation des personnes impliquées dans ces crimes. 

Outre les défis urgents mentionnés ci-dessus, les A3+1 estiment que l’UNOWAS devrait, par son rôle de coordination, aider les pays de la sous-région à faire face aux effets cumulés de l’insécurité, à l’impact du changement climatique et aux conséquences économiques et sociales de la pandémie COVID-19.

Elle devrait soutenir les mesures prises par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, qui ont déjà mis en place un plan de réponse à la pandémie, en tenant compte de la lutte contre la propagation de la maladie et de la reprise économique post-pandémique.

Nous nous félicitons des efforts de collaboration entre la CEDEAO, la force conjointe du G5 pour le Sahel et l’UA en vue de réaliser le déploiement de 3 000 soldats de la Force africaine en attente au Sahel pour poursuivre la lutte contre le terrorisme.

Il est temps de redoubler d’efforts pour lutter contre l’insécurité et stabiliser la sous-région, au niveau militaire par le biais des actions de la MINUSMA, les forces du G5-Sahel, de la MNTJF et celles des États partenaires. Nous espérons que cela s’accompagnera d’un financement substantiel qui pourrait permettre la mise en œuvre d’actions de développement au profit des populations de cette sous-région.

Les multiples stratégies pour le Sahel et les autres plans de développement devraient cesser d’être de simples slogans et devenir de véritables leviers pour la mobilisation des ressources financières dont l’Afrique de l’Ouest et ses Etats membres ont tant besoin.

Nous espérons que la communauté internationale respectera ses engagements pour aider la région à sortir de la situation actuelle, notamment en déboursant les promesses faites à la région, car un financement substantiel est nécessaire pour permettre la mise en œuvre d’actions de développement au profit des populations de cette vaste zone.

Je vous remercie.

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