Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies à la réunion du Conseil de sécurité sur le Burundi

Déclaration de M. Abdou ABARRY, Représentant permanent du Niger auprès des Nations Unies à la réunion du Conseil de sécurité sur le Burundi

Monsieur le Président,
Permettez-moi tout d’abord de présenter mes sincères condoléances au Gouvernement et au peuple burundais pour la mort subite, le 9 juin, de l’ancien Président Pierre Nkrunziza.

Permettez-moi alors d’exprimer notre gratitude à Mme Bintou Keita pour sa brillante présentation et pour son engagement continu dans le processus de règlement de la crise au Burundi.

Il y a quelques jours, le 29 mai, notre Conseil a eu un bref échange sur le Burundi, à l’initiative de l’A3 + 1, pour prendre note des élections présidentielles, législatives et municipales du 20 mai dans ce pays.

Le Conseil s’est déclaré satisfait de l’atmosphère pacifique dans laquelle ces élections se sont déroulées et a exprimé l’espoir que le processus serait sans violence jusqu’à la fin et que tout appel serait adressé aux tribunaux compétents.

Monsieur le Président,

Après les violences qui ont marqué la vie politique dans ce pays ces dernières années, il est réjouissant de constater que les Burundais ont choisi la paix et la stabilité pour leur pays en ayant participé massivement aux différentes élections, dont la présidentielle de fin d’année, qui, le 4 juin, la Cour constitutionnelle a annoncé la victoire du candidat de la majorité, le général Evariste Ndayishimiye.

Après celles organisées en République démocratique du Congo en 2019, les élections au Burundi, qui consacrent une transition politique pacifique du pouvoir, renforcent la dynamique de la démocratie dans cette région de l’Afrique.
À cet égard, ma délégation voudrait se joindre à l’hommage presque unanime rendu par la communauté internationale au Burundi et à sa classe politique. Cet hommage a une résonance particulière, car la violence que le pays a connue rend un tel résultat aux élections impensable aux yeux de beaucoup.

Je voudrais en particulier féliciter M. Agathon Rwasa, le candidat de l’opposition, pour son attachement à la paix, à l’unité et à la stabilité, pour avoir respecté la décision de la Cour constitutionnelle et pour avoir félicité le vainqueur.
Nous devons également saluer la formule qui a permis au président élu d’assermenter ses fonctions le 18 juin, évitant ainsi un vide institutionnel.

Avec le succès de ces élections, le Burundi et son peuple méritent nos éloges, mais c’est aussi l’Afrique et tous les partenaires, y compris beaucoup dans cette salle, qui sont impatients de voir ce pays récupérer et retrouver sa place sur la scène internationale.

Monsieur le Président,

Avec ces élections, le Burundi vient de tourner l’une des pages les plus difficiles de son histoire.

Il nous appartient au Conseil de faire de même, en revoyant notre manière de comprendre la situation dans ce pays.

Au cours de certains de nos débats, en particulier celui que nous avons eu sous la présidence belge du Conseil de sécurité, la bonne tenue des élections devrait ouvrir la voie au processus de normalisation des relations entre le Burundi et ses partenaires.

Le moment est peut-être également venu, pour encourager et reconnaître les progrès accomplis, que le Conseil de sécurité retire le Burundi de son programme.

Bien sûr, comme tous les pays en transition, le Burundi aura besoin de notre soutien, de la communauté internationale pour l’aider à relever les autres défis auxquels il est toujours confronté aujourd’hui.

Ces défis comprennent les problèmes de sécurité, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales et le développement économique et social, qui sont devenus encore plus difficiles à relever dans le contexte de la pandémie de la covid-19.

Le défi de l’unité nationale, qui doit être nourri par le pardon et la réconciliation, doit être au centre des nouvelles autorités burundaises et nécessiter notre soutien utile.

En résolvant la question de la légitimité et de la légalité institutionnelles, les élections ont contribué à créer un environnement et un cadre propices pour aborder, par le dialogue entre toutes les filles et les fils du Burundi, les autres questions résiduelles tout aussi importantes.

Les voisins du Burundi, la région et l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies, qui ont contribué au progrès démocratique que nous saluons tous aujourd’hui, doivent aider le Burundi à redevenir une nation forte, « dans l’unité, le travail et le progrès », comme le dit la devise du pays.

Je vous remercie.

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