Déclaration de M. ABDOU ABARRY, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies a la reunion d’information du Conseil de Sécurité Thème : « Faire face à la menace que représentent les flux illicites d’armes légères et de petit calibre (ALPC) dans les opérations de paix ».

Déclaration de M. ABDOU ABARRY, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies a la reunion d’information du Conseil de Sécurité Thème : « Faire face à la menace que représentent les flux illicites d’armes légères et de petit calibre (ALPC) dans les opérations de paix ».

Monsieur le Président,

Je voudrais, tout d’abord, remercier le Kenya pour l’organisation de cette réunion sur la problématique des armes légères et de petits calibres(ALPC), à l’occasion de l’examen du septième rapport biennal du Secrétaire général sur le thème des armes légères, comme mandaté par la résolution 2220 (2015) du Conseil de sécurité.

Je voudrais aussi remercier Mme Izumi Nakamitsu, Haute représentante pour les affaires de désarmement, le Général Elamin Abdelgadir, Secrétaire exécutif, du Centre régional sur les armes légères et M. David Lochhead, chercheur principal, à « Small Arms Survey » pour leurs présentations.

Cette réunion vient à point nommé en ce sens qu’elle nous permettra de d’approfondir les discussions entamées lors de la récente réunion en formule Arria organisée à l’initiative du Mexique, mais aussi celles qui ont eu lieu lors de la septième réunion biennale des États sur le programme d’action, tenue à New York du 26 au 30 juillet 2021.

Monsieur le Président,

Le flux incontrôlé d’armes légères et de petit calibre, et de leurs munitions continue de peser lourdement sur la paix et la sécurité internationales. Les conséquences induites par la circulation de ces armes sont largement ressenties par toutes les régions du monde. En effet, la propagation d’armes légères entretient les foyers de tension, paralyse les efforts de stabilisation, compromet l’assistance humanitaire ainsi que la protection des civils.

En un mot, elle entrave l’exécution des mandats des opérations de maintien de paix surtout, dans un contexte déjà marqué par l’expansion du terrorisme international.

Le Niger se félicite de la prise en compte de cette problématique dans les mandats des opérations de maintien de paix par le Conseil de sécurité, même si, malgré tous les efforts consentis, le contrôle des armes illicite demeure un défi majeur à la réalisation des objectifs de paix et de sa consolidation.

Mon pays souligne également la nécessité de procurer une formation spécialisée en matière de gestion des armes et des munitions, avant le déploiement des casques bleus, pour faciliter l’exécution des mandats. Nous restons convaincus que toutes les solutions qui concourent au règlement de la question des armes légères requierent nécessairement un engagement politique plus fort des États, au regard de la nature transnationale de la circulation des armes illicites, et de toutes ses implications géopolitiques et économiques.

Par ailleurs, nous estimons qu’au-delà de leur intégration dans les mandats, le conseil doit continuellement veiller au renforcement des capacités du pays hôte à assurer une bonne gestion des stocks d’armes et de munitions, pour éviter toute influence négative sur le processus de consolidation de la paix. 

En outre, la prévention du trafic d’armes illicites peut être assurée à travers le renforcement de la surveillance des frontières, en coopération avec les pays voisins, notamment dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de prévention, le partage d’information et l’application des conventions et programmes internationaux relatifs au contrôle des armes légères.

En Afrique, on peut entrer autres citer : ‘l’Initiative faire taire les armes, de l’Union Africaine; la Convention de la CEDEAO sur les armes légères, la convention de l’Afrique Centrale pour le contrôle des armes légères, pour ne citer que celles-là.

Le Niger, un pays vaste et carrefour, ayant déjà connu des problèmes d’insécurité, a pris la mesure de la menace que constitue la circulation incontrôlée des armes légères en créant, depuis le 28 novembre 1994, la Commission Nationale pour la Collecte et le Contrôle des Armes Illicites (CNCCAI). Cette structure a significativement contribué au contrôle des armes illicites même si la porosité des frontières rend sa mission difficile. Les efforts se poursuivent grâce à l’appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux dont les Nations Unies, notamment dans le domaine du déminage humanitaire et le renforcement des capacités dans le traçage, le marquage et le stockage des ALPC.

C’est le lieu pour moi de saluer la coopération qui existe entre cette structure nationale et les agences des Nations Unies, coopération qui a permis, notamment à la frontière Nigéro-Nigériane ou la circulation de ces armes reste une source d’insécurité, la mise en œuvre d’un projet visant le renforcement des capacités des services de la police de proximité, la sensibilisation des populations des communes concernées dans les régions de Maradi et de Tahoua au Niger. Le projet est également venu en appui aux efforts du Gouvernement dans le cadre de la sécurité physique des stocks, le marquage et l’enregistrement d’armes saisies et ou collectées auprès des populations.   

Monsieur le Président,

Dans la région du Sahel, où l’impact de la crise libyenne est illustratif de la circulation des ALPC, et comme dans d’autres, régions abritant des opérations de paix, la prévention du trafic d’armes repose fondamentalement sur le renforcement des initiatives de restauration de la paix, sa consolidation, le renforcement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, et la réforme du secteur de la sécurité. C’est pour cette raison, qu’il est important de renforcer les capacités des États à lutter contre le terrorisme, et de soutenir les stratégies nationales pour contenir la propagation des armes légères et de petits calibres.

Comme cela est désormais établi, les femmes et les enfants qui constituent la majorité de la population et qui, de surcroit se trouvent généralement au premier rang des victimes de violences occasionnées par la prolifération d’armes légères doivent nécessairement ilpliqués dans la lutte contre ce grave phénomène.

Pour conclure, ma délégation invite tous les États membres à renforcer la coopération en matière de contrôle des flux illicites des armes légères et de petit calibre pour l’atteinte de l’objectif de faire taire les armes. Pour ce faire, il est aussi important de promouvoir le partage des bonnes pratiques afin de nous enrichir mutuellement et e rendre complémentaire notre action au niveau régional et international pour une gestion appropriée des ALPC.

Je vous remercie

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