Déclaration de M. Abdou Abarry, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Sur la situation au Moyen Orient, y compris la question Palestinienne

Déclaration de M. Abdou Abarry, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Sur la situation au Moyen Orient, y compris la question Palestinienne

Je voudrais, tout d’abord, remercier Monsieur Tor Wennesland, pour son exposé détaillé sur la situation qui prévaut au Moyen-Orient.

Monsieur le Président,

Ma délégation a suivi avec grand intérêt, l’exposé du Coordonnateur spécial ainsi qu’elle prend note des observations du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 2334 (2016).

Après plusieurs années de paralysie, en 2016 le Conseil de sécurité était parvenu à un consensus historique qui a permis l’adoption de la résolution 2334. L’objectif visé, à travers cette résolution, était de préserver la solution à deux Etats, comme base d’un règlement juste et durable du conflit Israélo-Palestinien, en exigeant à Israël l’arrêt immédiat de toutes ses activités illégales de peuplement dans le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est. Cinq plus tard, il est regrettable de constater qu’Israël continue d’ignorer cette résolution ainsi que de nombreuses autres qui l’ont précédée sur la même question.

Le Niger déplore l’absence de mesures effectives dans l’application de la résolution 2334 et reste préoccupé par les éléments inquiétants mis en évidence par le dernier rapport du Secrétaire général. De ces éléments, l’on peut noter les violations des principes du Droit International et des résolutions pertinentes des Nations-Unies, notamment la poursuite effrénée de l’expansion illégale des colonies de peuplement sur les terres palestiniennes, y compris en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Cette pratique d’expropriation et de colonisation des terres palestiniennes a franchi un nouveau cap avec les projets de déguerpissements des quartiers de Sheik Jarrah et de Silwan, qui malheureusement ont conduit au conflit meurtrier de onze jours entre l’armée Israélienne et le Hamas le mois dernier.

Ma délégation relève que l’intensification des activités de colonisation des territoires palestiniens occupés entrave les droits du peuple palestinien, y compris celui à l’autodétermination, elle érode les possibilités pour l’établissement d’un futur Etat palestinien souverain contigu, indépendant et viable, elle augmente les risques de confrontation et de ce fait le Conseil de Sécurité doit tout faire pour y mettre fin.

Monsieur le Président,

A ce stade de mon propos, je voudrais évoquer un autre élément tout aussi inquiétant, également souligné dans le rapport du Secrétaire général, et qui caractérise la politique menée par Israël dans les territoires palestiniens occupés, je veux parler de la poursuite des démolitions de structures palestiniennes, la saisie des biens et l’expulsion forcées de familles palestiniennes de leurs maisons, très souvent sur la base de règlements militaires. En seulement trois mois, pas moins de 72 structures palestiniennes ont été démolies ou saisies et près de 218 ménages à Jérusalem-Est comprenant 970 personnes, dont 424 enfants, font l’objet d’une procédure d’expulsion devant les tribunaux israéliens. Le désespoir et la désolation des familles entières mises dans la rue ne peuvent qu’alimenter les risques de nouvelles confrontations.

Tout cela est fait en violation flagrante du droit international qui interdit à la puissance occupante d’avoir de tels agissements.

Nous appelons les responsables Israéliens et Palestiniens à œuvrer pour inverser la tendance qui qui a conduit aux actes déplorables du mois passé, qui ne fera qu’approfondir les divisions et compromettre la possibilité d’une coexistence pacifique entre ces deux peuples.

C’est pourquoi, et à la lumière des évènements de mai dernier, nous appelons la communauté internationale, le Quartet, les membres du Conseil ainsi que les acteurs régionaux à continuer d’user de leur influence en vue de parvenir à l’arrêt de tous les actes et pratiques qui mettent en péril la paix et la coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens. Il est aussi crucial d’œuvrer pour la reprise du processus de paix en vue de la réalisation de la seule solution qui vaille à ce conflit, celle à deux Etats.

Monsieur le Président,

La situation à Gaza représente une autre source de  préoccupation si justement abordée par le rapport du Secrétaire général. Comme nous le savons, bien avant le déclenchement des tensions de mai dernier, la bande de Gaza, véritable prison à ciel ouvert, croupissait sous le poids d’un blocus illégal qu’Israël maintient sur cette zone depuis 15 ans, avec près de la moitié de sa population au chômage, une densité de près de 5.500 habitants au Km2, un système de santé déliquescent et un taux de contamination au Covid-19 très élevé. C’est à cette dure réalité que se sont ajoutées les conséquences des récents bombardements israéliens avec la destruction totale ou partielle de plusieurs infrastructures civiles, y compris des maisons d’habitation, des centres de santé et des écoles, la présence d’une grande quantité de restes d’explosifs de guerre, y compris des bombes enfouies, et près de 8500 personnes dépourvues d’abris. Ces nombreux défis exigent des réponses urgentes pour la reconstruction et  le redressement de Gaza ainsi que la protection et la survie de sa population.

À cet égard, nous appelons la communauté internationale à une plus grande générosité à l’endroit de la population de Gaza tant éprouvée. Il est essentiel que l’UNRWA dispose des moyens lui permettant de poursuivre la fourniture de ses services vitaux aux milliers de familles palestiniennes dans le besoin, surtout après les bombardements israéliens en ce temps de pandémie du COVID-19. Il est tout aussi crucial qu’Israël, en tant que puissance occupante, s’acquitte entièrement des responsabilités que lui impose le droit international humanitaire, en veillant au bien-être et à la survie de la population sous son contrôle.

Je voudrais terminer mon propos, en rappelant qu’il est plus que jamais temps que nous intensifions les efforts ainsi que la pression nécessaire pour redonner, toute sa pertinence à la résolution 2334. Il est temps d’agir pour la création d’un Etat Palestinien souverain, indépendant et viable, car le maintien du statuquo consacrera la perpétuation de la haine, de la violence et de la souffrance humaine dans cette merveilleuse région, berceau des trois religions monothéistes.

Le Niger salue les efforts inlassables de Tor Wennesland et réaffirme son plein engagement à soutenir l’ensemble des efforts de la communauté internationale en vue d’un règlement global et durable du confit israélo palestinien.

Je vous remercie.

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