Déclaration de M. Abdou ABARRY Représentant Permanent du Niger auprès des Nations au briefing du Conseil de Sécurité sur la situation au Yémen

Déclaration de M. Abdou ABARRY Représentant Permanent du Niger auprès des Nations au briefing du Conseil de Sécurité sur la situation au Yémen

Merci madame la Présidente,

Je voudrais remercier Messieurs Martin Griffiths et Marck Lowcock pour leurs exposés sur les récents développements de la situation qui prévaut au Yémen. Je remercie également M. David Baesley et M. Omer Badokhon pour leurs présentations.

Madame la Présidente,

Les 15 et 16 octobre derniers, ce fut avec beaucoup de satisfaction que nous avons suivi, l’échange de détenus, plus d’un millier, intervenu entre les belligérants du conflit au Yémen, matérialisant ainsi l’accord passé en fin septembre en Suisse. Ces échanges resteront mémorables pour de nombreuses familles yéménites, jusque-là résignées et désespérées, mais qui ont été délivrées, en accueillant leurs proches, après une longue séparation.   

Le Niger se félicite de ce progrès qui constitue un jalon important dans le processus du règlement politique du conflit au Yémen et encourage les parties à maintenir cet élan positif pour franchir l’étape supplémentaire devant conduire à la signature de la déclaration conjointe pour un cessez-le-feu national.    

Pour parvenir à cet objectif, il est important que les parties maintiennent cette confiance qu’elles ont bâtie entre elles et, au-delà, qu’elles honorent les engagements auxquels elles ont préalablement souscrit. C’est, du reste, une condition essentielle pour la poursuite des négociations et la relance du processus politique, enlisé depuis plusieurs années.

L’issue de cette crise, et les belligérants l’ont certainement compris, ne sera pas militaire. Elle doit être recherchée à travers le dialogue et la négociation ; elle doit être politique.

C’est pourquoi, ma délégation invite la communauté internationale, les acteurs régionaux et les membres du Conseil, ayant une influence sur les parties en conflit, à œuvrer davantage pour le rapprochement des parties ainsi qu’à les encourager à aller à la table de négociation afin de jeter les bases de règlement de ce conflit qui a déjà fait tant de victimes.

Madame la Présidente,

Si de bons frémissements sont enregistrés au plan politique, la situation humanitaire tarde quant à elle à connaitre les améliorations attendues, rendant de plus en plus difficile la vie de milliers de personnes. Il convient de souligner que l’origine de la crise humanitaire au Yémen est d’abord humaine, avec notamment, la poursuite des campagnes militaires dans le pays, qui ont contribué à la destruction des infrastructures de base.

A mesure que les combats se prolongent, la situation humanitaire n’a cessé de se détériorer, prenant  des proportions insoutenables pour les populations, notamment avec l’effet combiné des facteurs tels que : l’obstruction de l’aide humanitaire, la déliquescence du système de santé détruit par de longues années de guerres, la pandémie du Covid-19, l’insécurité alimentaire, la crise du carburant, les inondations, la forte dépréciation du Rial, l’épuisement des réserves nationales et le déficit de l’aide internationale.

Sur ce dernier point, ma délégation reste préoccupée par la réduction des services dans plusieurs centres de santé ainsi que par la suspension de certains programmes d’assistance des Nations Unies, dont dépendent plusieurs millions de personnes au Yémen.  

C’est pourquoi nous lançons un appel à une plus grande générosité internationale à l’endroit de la population yéménite tant éprouvée.

Nous invitons les pays ayant annoncé leurs contributions, en particulier ceux de la région, à honorer leurs engagements afin d’assurer la continuité des programmes d’assistance et d’éviter de nouvelles pertes en vies humaines.   

Nous exhortons les parties belligérantes à faire preuve de retenue, en mettant un terme aux combats car la situation humanitaire ne saurait connaitre une amélioration significative sans la cessation des hostilités.

Pour conclure, ma délégation voudrait exprimer sa préoccupation face à la situation du pétrolier Safer, dont les travaux d’inspections tardent encore à démarrer, alors même que l’état de délabrement avancé de ce navire continue d’exposer le Yémen ainsi que les pays riverains de la mer rouge à de graves risques de catastrophe environnementale aux conséquences incalculables.

Pour éviter que le pire ne survienne, nous appelons les Houthis à faire preuve de responsabilité et à honorer leurs engagements, en délivrant les autorisations nécessaires à l’équipe des Nations Unies, chargée des opérations d’inspection du pétrolier Safer.

Je vous remercie.

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