Allocution de M. Abdou ABARRY,  Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au briefing du Conseil de Sécurité sur l’utilisation  des armes chimiques en Syrie

Allocution de M. Abdou ABARRY, Représentant Permanent du Niger auprès des Nations Unies au briefing du Conseil de Sécurité sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie

Merci Monsieur le Président,

Depuis l’adoption de la résolution 2118 (2013), les Nations Unies continuent de déployer beaucoup d’efforts pour situer les responsabilités dans les multiples cas d’utilisation d’armes chimiques en Syrie ; il est regrettable de constater que ces efforts n’ont pas encore permis de situer, de façon acceptable par tous, les responsabilités dans la commission de ces actes inacceptables quelles qu’aient été les raisons.

Le Niger condamne sans réserve toute utilisation d’armes chimiques que ce soit dans la crise syrienne ou partout ailleurs. Le recours à ces armes n’est peut-être justifié sous quelque prétexte ou circonstance. Ma délégation salue à cet égard, le travail que fait l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques visant à l’éliminations de ces armes.

Cette organisation doit rester technique pour que son intégrité soit préservée et son autorité respectée de tous.

Je voudrais, à ce stade de mon propos, remercier Mme Izumi Nakamitsu, Haute Représentante pour le Désarmement, pour son exposé et souhaiter la bienvenue aux représentants de la Syrie, de l’Iran et de la Turquie qui se sont joints à nous cet après-midi.

Monsieur le Président,

Comme ce fut le cas, à l’occasion de nos récentes réunions sur ce dossier, nous venons d’entendre encore que des gaps et des incohérences persistent dans la Déclaration initiale du Gouvernement syrien. Le Représentant de ce pays nous dira certainement, un peu plus tard, que son gouvernement coopère de bonne fois avec l’équipe de l’OIAC et qu’il a fait tout son possible pour fournir à celle-ci tous les renseignements demandés ; traduisant ainsi la différence d’interprétation entre les deux parties.

Comme cela a aussi été souvent le cas, certains le soutiendrons alors que d’autres continueront leur condamnation.

Il est de ce fait crucial et urgent que les deux parties, avec l’appui unanime du Conseil de Sécurité, travaillent d’arrache pieds pour rapprocher leurs positions, faute de quoi le statuquo persistera.

C’est pourquoi je voudrais faire les remarques suivantes :

Premièrement, ma délégation réitère que toute exploitation, autre que celle devant conduire le Conseil à une pleine mise en œuvre de la résolution 2118, doit être évitée, car ce document pourrait servir de base pour situer les responsabilités, et par conséquent, ouvrir la voie à d’éventuelles poursuites contre les responsables devant les tribunaux compétents ;  

En deuxième lieu, la coopération entre la Syrie et le Secrétariat de l’OIAC doit se maintenir et se faire de bonne foi pour solder les questions en suspens, conformément à la résolution 2118 (2013) du Conseil de sécurité.

Il est aussi important que tous les incidents d’utilisations d’armes chimiques en Syrie, reçoivent la même attention, et être traités avec la même diligence pour arriver à une conclusion générale.

A cet effet, ma délégation prend note des efforts continus du Gouvernement syrien pour faire la lumière sur l’usage de ces armes sur son territoire, par le biais de ses communications à travers l’OIAC et le Conseil de sécurité, et sa volonté de continuer à travailler avec le Secrétariat technique. 

Nous l’encourageons à continuer dans le même sens avec les équipes de l’OIAC en ce qui concerne la demande d’informations complémentaires sur les points en suspens de la Déclaration initiale (DAT) et dans l’octroi des visas aux experts, de façon à tourner la page controversée de la finalisation du rapport initial.

En troisième lieu, ma délégation réitère son appel aux Nations Unies et au Secrétariat de l’OIAC pour qu’ils accordent une attention particulière aux allégations de possession de matières chimiques par des entités non étatiques qui, si elle s’avère fondée, serait très dangereuse, non seulement pour la région mais aussi pour le monde entier, ces armes pouvant être transférées à d’autres entités non étatiques, ou même à des groupes terroristes agissant dans d’autres régions.

En conclusion, tout en réitérant notre soutien total à l’OIAC ma délégation espère voir des progrès être réalisés sur ce volet de la crise syrienne, qui ne peut être dissocié des aspects politiques et humanitaires, pour permettre à la Syrie de recouvrer sa pleine souveraineté et d’agir dans l’intérêt de ses populations avec le soutien de la communauté internationale.

Je vous remercie.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *